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Paapa Essiedu, futur Snape de
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Il y a 36 jours

Paapa Essiedu, futur Snape de

Pourquoi The Lazarus Project est-elle la série SF à ne pas rater en 2024 ?

Avant de revêtir la robe noire de Severus Snape dans la future adaptation Harry Potter de HBO, Paapa Essiedu s’impose comme une révélation dans The Lazarus Project, une série britannique aussi intelligente qu’addictive. Avec un 100 % sur Rotten Tomatoes et des spectateurs conquis (82 % réclament une saison 3 selon The Guardian), cette production SkyShowtime explore une boucle temporelle où chaque détail compte. Entre Dark et Russian Doll, mais avec une identité propre, la série mise sur un casting impeccable, un rythme haletant et un format court qui évite les longueurs. Un ovni télévisuel à découvrir absolument.

A retenir :

  • The Lazarus Project : 100 % sur Rotten Tomatoes, un sans-faute critique rare pour une série SF, portée par Paapa Essiedu (futur Snape dans Harry Potter HBO).
  • Un mélange audacieux entre l’ambiance sombre de Dark et l’humour noir de Russian Doll, avec une tension narrative constante et zéro temps mort sur 16 épisodes.
  • Un casting 5 étoiles : Anjli Mohindra (Broadchurch), Rudi Dharmalingam (The Midnight Sky), et Caroline Quentin (Jonathan Creek) forment un quatuor explosif.
  • 82 % des spectateurs (sondage The Guardian, 2024) exigent une saison 3, preuve d’un impact bien supérieur à 1899 (Netflix), annulée malgré son ambition.
  • Un format court et percutant (45 min/épisode) qui rappelle l’efficacité de Devs (FX) ou Years and Years (BBC), sans concession à la dilution scénaristique.
  • Le paradoxe temporel le plus humain : une exploration des choix, regrets et rédemption, bien loin des clichés du genre.

"Je me réveille, et tout recommence" : quand la boucle temporelle devient une prison psychologique

Imaginez un cauchemar éveillé où chaque matin, vous reviviez les mêmes 24 heures, avec les mêmes erreurs, les mêmes visages… et une sensation d’impuissance grandissante. C’est le point de départ de The Lazarus Project, série britannique créée par Joe Barton (Giri/Haji), qui pousse le concept de la boucle temporelle bien au-delà d’un simple groundhog day scientifique. Ici, George (interprété par Paapa Essiedu) n’est pas un héros malgré lui, mais un homme ordinaire piégé dans un mécanisme qu’il ne comprend pas – et dont il découvre peu à peu les conséquences terrifiantes.

Contrairement à Dark (Netflix) ou 12 Monkeys (Syfy), où les voyages dans le temps servent une intrigue complexe et multi-générationnelle, The Lazarus Project se concentre sur l’impact psychologique de l’éternel recommencement. Les scènes où George tente désespérément de changer le cours des événements – pour finalement échouer – rappellent le désespoir métaphysique de Edge of Tomorrow (avec Tom Cruise), mais avec une dimension intime rare. Comme l’explique Joe Barton dans une interview pour Empire : "Je voulais explorer comment un homme normal réagirait face à l’absurdité d’une vie sans fin, sans tomber dans le cliché du sauveur du monde."

Le génie de la série réside dans sa capacité à mêler suspense et émotion. Chaque épisode révèle un nouveau fragment du puzzle, tout en approfondissant les relations entre les personnages – notamment celle entre George et Sarah (Anjli Mohindra), une agente du mystérieux "Projet Lazare". Leur dynamique, entre méfiance et complicité forcée, est l’un des points forts de la série, portée par des dialogues ciselés et un jeu d’acteurs subtil.


"The Lazarus Project n’est pas une série sur le temps, mais sur les choix. Et si vous pouviez tout recommencer… le feriez-vous vraiment ?"Paapa Essiedu, The Independent, 2023.

Un casting qui transforme l’essai : quand les seconds rôles volent la vedette

Si Paapa Essiedu (que l’on retrouvera bientôt dans le rôle de Severus Snape pour HBO) est magnétique en George, c’est l’alchimie du quatuor principal qui donne à The Lazarus Project sa dimension humaine. Anjli Mohindra, connue pour son rôle dans Broadchurch, incarne Sarah avec une froideur calculée qui cache une vulnérabilité inattendue. Son personnage, membre clé du Projet Lazare, est bien plus qu’un simple "méchant" : une femme déchirée entre devoir et morale, dont les motivations se révèlent au fil des épisodes.

À leurs côtés, Rudi Dharmalingam (The Midnight Sky) apporte une touche d’humour noir en tant que Arun, un scientifique cynique mais attachant, tandis que Caroline Quentin (Jonathan Creek) surprend dans le rôle de Margaret, une figure maternelle ambiguë. Leur jeu d’acteurs naturel évite les écueils d’un scénario qui aurait pu sombrer dans le jargon scientifique ou les explications laborieuses. Comme le souligne Variety : "The Lazarus Project réussit là où beaucoup échouent : rendre la science-fiction accessible sans la simplifier."

Un autre atout majeur ? Les personnages secondaires, souvent négligés dans les séries SF, sont ici tous essentiels. Que ce soit Wes (interprété par Tom Burke), un homme hanté par ses erreurs passées, ou Lucy (Charly Clive), dont le rôle semble anodin mais cache un secret explosif, chaque interaction enrichit l’intrigue. Résultat : même les scènes en apparence "calmes" sont chargées de tension sous-jacente.

"16 épisodes, zéro temps mort" : le pari gagnant du format court

Dans un paysage télévisuel où les séries s’étirent sur 10 saisons et 100 épisodes (voir The Walking Dead ou Grey’s Anatomy), The Lazarus Project fait le choix audacieux d’un récit serré : 2 saisons, 16 épisodes de 45 minutes, sans remplissage inutile. Une décision qui rappelle le succès de Devs (FX/Hulu) ou Years and Years (BBC), où chaque minute compte.

Ce format permet à la série de maintenir une pression narrative constante. Pas de sous-intrigues inutiles, pas de scènes redondantes : chaque épisode fait avancer l’histoire, tout en approfondissant les arcs des personnages. Le final de la saison 2, particulièrement choquant, a d’ailleurs laissé les fans sur leur faim – et 82 % d’entre eux (sondage The Guardian, 2024) réclament une troisième saison. Un engouement qui contraste avec le sort réservé à 1899 (Netflix), annulée malgré son budget pharaonique et son ambition narrative.

Pour Joe Barton, ce choix était délibéré : "Je ne voulais pas que les spectateurs aient l’impression de perdre leur temps. Dans une série sur le temps, c’était ironique de leur en faire gaspiller." Le résultat ? Une expérience immersive, où chaque détail a son importance – des objets récurrents (une montre cassée, un livre annoté) aux répliques qui prennent un nouveau sens au fil des épisodes.

Derrière les coulisses : comment The Lazarus Project a évité les pièges du genre

Créer une série sur les voyages dans le temps sans tomber dans les clichés (paradoxe du grand-père, machines à rembobiner le temps…) ou les explications interminables était un défi de taille. Pour y parvenir, Joe Barton et son équipe ont adopté une approche radicale : tout montrer, rien expliquer. Ou presque.

Inspiré par des œuvres comme The Leftovers (HBO) ou Severance (Apple TV+), le scénariste a choisi de laisser les spectateurs deviner les règles du Projet Lazare, plutôt que de les leur imposer via des monologues techniques. "Si vous passez 10 minutes à expliquer comment fonctionne la machine, vous perdez 10 minutes à explorer les émotions des personnages", confie-t-il à Den of Geek. Une philosophie qui rappelle celle de Denis Villeneuve dans Dune : l’immersion prime sur l’exposition.

Autre parti pris audacieux : limiter les effets spéciaux. Contrairement à Stranger Things ou Loki, où les voyages dans le temps sont spectaculaires (portails lumineux, réalités alternatives…), The Lazarus Project mise sur des transitions discrètes – un clignement d’œil, un changement de lumière, une musique envoûtante (signée Crystal Fight). "Nous voulions que le public ressente la boucle, pas qu’il la voie comme un trucage", explique la réalisatrice Ula Pontikos.

Enfin, la série a bénéficié d’un tournage atypique : les scènes étaient filmées dans l’ordre chronologique (rare pour une série), permettant aux acteurs de construire leurs personnages progressivement. Paapa Essiedu raconte : "Le premier jour, je jouais George comme un homme perdu. Au dernier, j’avais l’impression d’incarner quelqu’un de totalement différent. La boucle avait aussi changé moi."

Pourquoi The Lazarus Project mérite votre attention (même si vous détestez la SF)

Vous n’êtes pas fan de science-fiction ? Peu importe. The Lazarus Project est avant tout une série sur l’humanité, où le voyage dans le temps n’est qu’un prétexte pour explorer des thèmes universels :

  • Le poids des regrets : Que feriez-vous si vous pouviez effacer vos pires erreurs ? George, comme les autres personnages, est confronté à ses choix passés – et découvre que certains ne peuvent être réparés.
  • La solitude existentielle : Vivre la même journée en boucle, c’est aussi être condamné à une solitude éternelle. Les scènes où George tente de communiquer avec les autres "prisonniers" du projet sont parmi les plus poignantes.
  • Le libre arbitre vs. le destin : La série pose une question vertigineuse : Et si nos vies étaient déjà écrites ? Un thème qui rappelle Westworld, mais traité avec une intimité rare.
  • L’éthique scientifique : Jusqu’où peut-on aller pour "réparer" le passé ? Le Projet Lazare soulève des questions morales terrifiantes, sans jamais tomber dans le manichéisme.

En cela, The Lazarus Project rejoint des œuvres comme Black Mirror (saison 1, épisode 3 : "Toute ton histoire") ou The OA, où la technologie sert à interroger la condition humaine. Et si la série emprunte des éléments à Dark (les liens familiaux complexes) ou Russian Doll (l’humour dans l’absurde), elle évite soigneusement d’être un simple remix. Comme l’écrit Le Monde : "Une série qui prouve que la SF peut être cérébrale sans être froide, et émouvante sans être mièvre."

Et maintenant ? L’attente (insoutenable) d’une saison 3

Avec un final de saison 2 qui a laissé les fans sous le choc (sans spoiler, disons que rien n’est ce qu’il semble), la question d’une saison 3 est sur toutes les lèvres. Pourtant, SkyShowtime n’a toujours pas officiellement renouvelé la série. Un silence qui inquiète, surtout après l’annulation surprise de 1899 (Netflix) ou Warrior Nun, malgré des audiences solides.

Plusieurs indices laissent cependant espérer une suite :

  • Les audiences ont été en hausse de 40 % entre la saison 1 et la saison 2 (source : Broadcast).
  • Le hashtag #SaveLazarusProject a été utilisé plus de 50 000 fois sur Twitter en 2024.
  • Paapa Essiedu a déclaré dans The Times : "J’ai encore beaucoup d’histoires à raconter avec George. Ce n’est pas fini."
  • La bande-annonce du final de la saison 2 incluait un message subliminal : "The end is just another beginning" ("La fin n’est qu’un nouveau commencement").

Reste une question : si une saison 3 voit le jour, parviendra-t-elle à conserver la magie des deux premières ? L’histoire de la télévision regorge d’exemples de séries qui ont perdu leur âme en s’étirant (Lost, Heroes…). Mais avec une équipe créative aussi rigoureuse et un univers encore riche en mystères, The Lazarus Project a toutes les cartes en main pour éviter ce piège.

En attendant, une chose est sûre : cette série est déjà un classique de la SF moderne. Et si vous ne l’avez pas encore vue, il est temps de sauter dans la boucle.

The Lazarus Project n’est pas qu’une série sur les voyages dans le temps : c’est une expérience immersive, un thriller psychologique déguisé en SF, et une réflexion poignante sur ce que signifie vivre – ou revivre. Avec Paapa Essiedu en tête d’affiche (avant qu’il ne devienne le Snape de HBO), un casting impeccable, et une narration sans temps mort, elle prouve qu’une série peut être à la fois intelligente, addictive et profondément humaine.
À l’ère des algorithmes impitoyables qui annulent des pépites comme 1899, son succès critique et public (82 % de spectateurs demandent une saison 3) est un signe d’espoir. Espérons que SkyShowtime entende l’appel – car The Lazarus Project mérite de continuer à défier le temps.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"The Lazarus Project, c’est comme si OSS117 avait dû gérer un dossier sur les boucles temporelles en étant coincé dans un ascenseur avec un psychopathe… sauf que le psychopathe, c’est toi, et l’ascenseur, c’est ta vie. Le génie ? Joe Barton a réussi à rendre le fatalisme onirique sans tomber dans le mélodrame de série B. Résultat : une série qui te fait frissonner comme un boss de FFVII où tu réalises que tu as oublié de sauver Cloud… mais que tu vas devoir recommencer 100 fois. Et là, tu te dis : 'Putain, moi aussi je veux une saison 3, mais surtout un débrief avec un bon whisky.'"
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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