Il y a 55 jours
PGL s’attaque à l’eSport MLBB : le premier Open Qualifier européen à suivre en direct le 13 janvier !
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PGL entre dans l’arène MLBB avec un Open Qualifier européen inédit, tandis que la scène compétitive du jeu mobile se prépare à une révolution en 2026. Un tournoi à suivre de près, entre enjeux stratégiques et opportunités pour les talents émergents.
A retenir :
- PGL, organisateur historique de tournois Dota 2 et CS2, lance son premier événement Mobile Legends: Bang Bang avec un Open Qualifier européen dès le 13 janvier, accessible via Battlefy.
- Un format exigeant : élimination directe en BO1 puis BO3, avant une finale en BO7 (comme la M7 World Championship), pour un prize pool de 4 700 € — modeste, mais stratégique pour révéler de nouveaux talents.
- 2026 sonnera l’heure du modèle franchisé pour les MPL (ligues professionnelles MLBB), une transition déjà amorcée en Indonésie et aux Philippines, inspirée des ligues régionales de League of Legends.
- Retour surprise du North America Challenger Tournament et lancement de la MLBB Super League Thailand en février : Moonton mise sur une diversification géographique agressive.
- L’ouverture à des organisateurs tiers comme PGL pourrait démocratiser l’accès à la scène pro, à l’image du circuit Dota 2 avec ses Major et Minor.
- Un tournoi-test pour PGL ? L’organisateur, connu pour ses événements à plusieurs millions de dollars, explore un écosystème MLBB en pleine mutation structurelle.
Le 13 janvier 2026 marquera une date clé pour l’eSport européen de Mobile Legends: Bang Bang (MLBB) : PGL, le géant roumain derrière certains des plus grands tournois Dota 2 et Counter-Strike 2 (comme les Major CS2 de Copenhague ou Anvers), fera ses premiers pas officiels dans l’univers compétitif du MOBA mobile. Avec le PGL MLBB Challengers EU Open Qualifier, l’organisateur s’aventure sur un terrain dominé par des acteurs historiques comme Moonton Games (l’éditeur du jeu) ou ONE Esports, mais aussi par une scène en pleine réinvention.
Pourquoi ce choix ? Alors que les MPL (Mobile Legends Professional League) s’apprêtent à adopter un modèle franchisé dès 2026 — une révolution inspirée des ligues régionales de League of Legends —, PGL pourrait bien jouer un rôle dans cette nouvelle ère. Mais avant d’envisager des événements à six ou sept chiffres, place à un tournoi-test, modeste en apparence (4 700 € de prize pool), mais ambitieux dans sa structure.
Un format compétitif "old-school" pour un public exigeant
Exit les phases de groupes interminables : le PGL MLBB Challengers EU Open Qualifier mise tout sur l’élimination directe. Les équipes s’affronteront d’abord en BO1 (meilleur des 1 matchs), avant de passer en BO3 (meilleur des 3) pour les phases décisives. Seules les 8 meilleures formations accéderont au Challengers Main Event (prévu du 16 au 18 janvier), où le format se corsera : double élimination et séries allant jusqu’au BO7 en finale — un standard habituellement réservé aux grands championnats comme la M7 World Championship (dont la finale se dispute aussi en BO7).
Un choix risqué pour un premier événement ? Pas forcément. Ce format, sans filet, rappelle les Open Qualifiers de Valorant Champions Tour, qui ont permis à des équipes comme Team Heretics de se révéler avant de dominer la scène européenne. Ici, l’enjeu n’est pas (encore) de couronner un champion incontesté, mais de dénicher des pépites dans un écosystème où les MPL (ligues professionnelles régionales) restent inaccessibles pour beaucoup.
Avec un prize pool de 4 700 € — dont 300 € pour le MVP —, l’événement ne fera pas rêver les vétérans des MPL (où les gains se comptent en centaines de milliers de dollars). Mais pour des équipes émergentes, c’est une opportunité en or : une vitrine pour se faire remarquer, et peut-être décrocher un ticket pour des compétitions plus lucratives. À titre de comparaison, les Open Qualifiers de Dota 2 ont souvent servi de tremplin à des formations devenues légendaires, comme OG avant ses victoires aux The International.
2026 : l’année où MLBB va (enfin) grandir ?
Le PGL MLBB Challengers EU Open Qualifier n’est qu’un premier pas dans un écosystème en pleine mutation. Alors que le M7 World Championship (et son 1 million de dollars de prize pool) touche à sa fin le 25 janvier à Jakarta, Moonton Games prépare une révolution structurelle pour 2026 : l’adoption généralisée du modèle franchisé pour les MPL. Une transition déjà effective en Indonésie et aux Philippines, où les équipes sont désormais liées à des franches (des licences permanentes, comme en LFL ou LCS pour League of Legends).
Objectif affiché : stabiliser les structures club tout en élargissant l’empreinte régionale du jeu. Une stratégie qui rappelle étrangement celle de Riot Games avec ses ligues régionales, même si MLBB conserve une approche plus accessible — notamment via des tournois ouverts comme celui de PGL. "C’est une façon de professionnaliser la scène sans la fermer aux nouveaux venus", explique un observateur sous couvert d’anonymat. Une philosophie qui tranche avec l’élitisme croissant de certains eSports, où les places en ligue fermée se monnayent à prix d’or.
Autre signe d’une volonté d’expansion : le retour du North America Challenger Tournament, disparu du calendrier depuis 2023. Un comeback qui coïncide avec le lancement de la MLBB Super League Thailand en février, preuve que Moonton mise sur une diversification géographique agressive. "L’Amérique du Nord et la Thaïlande sont des marchés sous-exploités pour MLBB", note un analyste. "En ouvrant des tournois locaux, Moonton peut tester la température avant d’y investir massivement, comme ils l’ont fait en Malaisie ou au Vietnam."
PGL, un outsider qui pourrait bousculer les codes
Pourquoi PGL, connu pour ses méga-événements Dota 2 (comme le Bucharest Major 2023, doté de 500 000 $), s’intéresse-t-il à un tournoi MLBB au prize pool 100 fois inférieur ? La réponse tient peut-être dans la stratégie long terme de l’organisateur. "PGL a toujours su anticiper les tendances", rappelle un ancien employé. "Ils ont commencé à organiser des tournois CS:GO bien avant que le jeu ne devienne un phénomène mondial. Aujourd’hui, MLBB est le MOBA mobile le plus joué au monde [plus de 100 millions de joueurs actifs mensuels, ndlr], avec une scène eSport en croissance exponentielle en Asie du Sud-Est. L’Europe est un marché vierge — et PGL adore les défis."
Reste une question : ce premier Open Qualifier n’est-il qu’un test avant des ambitions plus grandes ? Les rumeurs évoquent déjà un possible PGL MLBB Major d’ici 2027, sur le modèle des Dota 2 Major. Une hypothèse qui fait saliver les fans, mais que PGL refuse de commenter pour l’instant. Ce qui est sûr, c’est que l’organisateur a les ressources pour marquer l’histoire de MLBB — à condition que la communauté européenne, encore modeste comparée à celle d’Asie, suive le mouvement.
En attendant, les inscriptions pour le PGL MLBB Challengers EU Open Qualifier sont ouvertes via Battlefy, et les matchs seront diffusés en direct à partir du 13 janvier. Une occasion unique de voir si l’Europe peut concurrencer l’Asie sur un jeu où elle a toujours été à la traîne. "Les équipes européennes ont souvent été sous-estimées dans les MOBA mobiles", souligne un coach. "Mais avec un organisateur comme PGL, qui sait attirer les regards, ça pourrait changer."
Derrière l’écran : comment PGL prépare son entrée dans MLBB
Silviu Stroie, CEO de PGL, n’est pas du genre à improviser. Avant de lancer son premier tournoi MLBB, l’organisateur a passé des mois à étudier l’écosystème. "On a analysé les MPL, les M-Series [tournois internationaux, ndlr], et même les tournois communautaires en Indonésie", confie une source proche du dossier. Résultat : un format qui mélange les codes — l’élimination directe "à l’occidentale" et les BO7 "à l’asiatique" — pour créer une identité propre.
Autre détail révélateur : PGL a recruté d’anciens membres de ONE Esports pour superviser la production. "Ils veulent éviter les écueils des premiers tournois MLBB en Europe, où les problèmes techniques et les délais serrés avaient gâché l’expérience", explique un technicien. Preuve que l’organisateur prend ce projet au sérieux, malgré son prize pool modeste.
Enfin, une anecdote qui en dit long : lors des réunions préparatoires, l’équipe de PGL a visionné des matchs de la MPL Indonesia... en accéléré. "Le rythme de MLBB est beaucoup plus rapide que celui de Dota 2 ou CS2", rigole un employé. "Il a fallu s’adapter pour concevoir un streaming fluide, avec des replays et des analyses en temps réel." Un détail qui pourrait faire toute la différence le 13 janvier.
Une chose est sûre : si PGL décide d’aller plus loin, MLBB pourrait bien devenir le prochain terrain de jeu des géants de l’eSport. Et cette fois, l’Europe aura sa carte à jouer.

