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Pourquoi Obsidian était **le seul studio capable** de créer
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Il y a 55 jours

Pourquoi Obsidian était **le seul studio capable** de créer

Pourquoi Fallout: New Vegas ne pouvait être confié qu’à Obsidian ?

Découvrez comment l’héritage unique des fondateurs d’Obsidian – anciens piliers des premiers Fallout chez Interplay – et leur travail sur le projet avorté Van Buren en ont fait les seuls capables de donner naissance à ce chef-d’œuvre narratif. Malgré un lancement chaotique (14 000 bugs !), leur vision audacieuse des factions dynamiques et des choix aux conséquences radicales a marqué l’histoire du RPG, bien au-delà des standards de Bethesda ou même de The Witcher 3.

A retenir :

  • Un héritage inégalé : Obsidian, fondé par les créateurs originaux de Fallout 1 & 2 (Feargus Urquhart, Chris Avellone), était le seul studio à maîtriser l’ADN de la saga – y compris leur propre version annulée de Fallout 3 (Projet Van Buren).
  • Une liberté créative exceptionnelle : Todd Howard (Bethesda) leur a donné carte blanche pour approfondir les mécaniques de factions et les choix narratifs, avec un seul mot d’ordre : "Allez plus loin que nous".
  • Un système révolutionnaire (mais buggé) : 4 fins principales, 16 variantes, 1 200 lignes de dialogue uniques… et un outil interne (Faction Reputation Tracker) pour gérer les conséquences en temps réel. Résultat ? 14 000 bugs au lancement, mais une densité narrative inégalée.
  • Des conséquences radicales : Dans New Vegas, tuer un PNJ peut déclencher une guerre immédiate, ou saboter une quête mineure priver d’un allié 10 heures plus tard – une complexité que même The Witcher 3 n’a pas égalée.
  • Un legs durable : Malgré son âge, New Vegas reste la référence en matière de RPG à choix multiples, inspirant des jeux comme Disco Elysium ou Baldur’s Gate 3 – preuve que son approche "risquée" était visionnaire.

"Ils étaient les seuls capables" : la révélation de Todd Howard

En 2010, quand Bethesda a annoncé confier le développement de Fallout: New Vegas à Obsidian Entertainment, la décision a surpris plus d’un fan. Pourtant, pour Todd Howard, directeur du studio à l’époque, le choix était "une évidence". Dans une interview rare, il explique : "Obsidian était la seule équipe capable de capturer l’esprit des premiers Fallout. Ils avaient le sang de la saga dans les veines." Une déclaration forte, mais justifiée : les fondateurs d’Obsidian – Feargus Urquhart, Chris Avellone, et d’autres vétérans – avaient non seulement travaillé sur Fallout 1 et 2 chez Interplay/Black Isle, mais ils avaient aussi presque terminé leur propre version de Fallout 3, le célèbre Projet Van Buren, annulé en 2003.

Ce projet maudit, développé pendant près de 3 ans avant d’être abandonné pour des raisons financières, contenait déjà des mécaniques révolutionnaires : un système de factions dynamiques, des choix narratifs aux conséquences en cascade, et une approche moins manichéenne que celle de Bethesda. Quand Todd Howard a approché Obsidian, il leur a simplement dit : "Prenez Van Buren, et faites-en un jeu. On vous donne 18 mois." Un délai serré, mais une liberté créative totale – une rareté dans l’industrie.

Van Buren, le fantôme qui a sauvé New Vegas

Le Projet Van Buren n’était pas qu’un simple prototype : c’était une vision alternative de Fallout 3, avec des lieux comme Denver ou la Base militaire de Navarro, des factions comme la Légion de César (déjà esquissée !), et un système où chaque décision comptait. Quand Obsidian a récupéré les droits pour développer New Vegas, ils ont recyclé près de 30% des idées de Van Buren, selon les archives du studio. John Gonzalez, designer en chef, révèle : "On a gardé l’âme de Van Buren, mais on l’a adaptée à l’univers de Bethesda. Le résultat ? Un mélange des deux ADN."

Parmi les héritages les plus marquants :
• Les factions jouables : Contrairement à Fallout 3, où le joueur était surtout un spectateur, New Vegas permettait de rejoindre activement la NCR, la Légion, Mr. House, ou les Great Khans, avec des quêtes et des fins uniques pour chacune.
• Le système de réputation : Un outil interne, le Faction Reputation Tracker, calculait en temps réel l’impact de vos actions. Par exemple, voler un objet dans un avant-poste de la NCR pouvait vous faire bannir de toute la région… ou déclencher une chasse à l’homme.
• Les fins multiples : 4 fins principales, mais 16 variantes selon vos alliances, vos choix, et même des détails comme qui contrôle le barrage Hoover. À titre de comparaison, Fallout 3 n’avait que 2 fins (avec ou sans le Purificateur).

"On voulait que les joueurs ressentent le poids de leurs actes, comme dans les premiers Fallout. Si vous tuez un personnage clé, la Légion peut profiter du chaos pour attaquer. Si vous trahisiez la NCR, leurs soldats vous abattaient à vue. Pas de pardon, pas de reset."Chris Avellone, dans une interview pour Game Informer (2011).

Le prix de l’ambition : 14 000 bugs et un lancement catastrophique

Avec un développement en 18 mois seulement (contre 3 à 5 ans pour un AAA classique), New Vegas est sorti dans un état… désastreux. Les joueurs ont recensé plus de 14 000 bugs au lancement, allant des crashs aléatoires aux quêtes bloquées, en passant par des PNJ qui disparaissaient ou des objets dupliqués. Pourtant, malgré ce fiasco technique, le jeu a été encensé par la critique pour sa profondeur narrative et son monde réactif.

Pourquoi un tel désastre ? Plusieurs raisons :
1. Un moteur de jeu non optimisé : Obsidian a dû utiliser le Gamebryo Engine de Bethesda (le même que pour Fallout 3), un outil vieillissant et peu adapté à leurs ambitions.
2. Un délai impossible : 18 mois pour un jeu aussi complexe, c’était suicidaire. Josh Sawyer, directeur du projet, a avoué plus tard : "On savait qu’on ne pourrait pas tout tester. On a dû prioriser le contenu."
3. Des mécaniques trop ambitieuses : Le Faction Reputation Tracker, par exemple, générait des conflits imprévus entre les scripts, causant des bugs en cascade.

Pourtant, Todd Howard assume ce choix : "Oui, c’était buggé. Mais c’était aussi le seul Fallout où vos actions avaient un vrai poids. Les joueurs ont pardonné les bugs parce que le reste était magique." Une analyse confirmée par les ventes : malgré les critiques techniques, New Vegas s’est écoulé à plus de 5 millions d’exemplaires en un an – un succès commercial inattendu.

New Vegas vs. The Witcher 3 : pourquoi le jeu d’Obsidian reste inégalé ?

En 2015, The Witcher 3 est sorti, acclamé pour ses choix narratifs et son monde ouvert. Pourtant, même CD Projekt Red n’a pas poussé les mécaniques de conséquences aussi loin qu’Obsidian. Voici pourquoi New Vegas reste unique :

1. Des factions vraiment dynamiques : Dans The Witcher 3, vos choix influencent surtout les fins. Dans New Vegas, ils transforment le monde en temps réel. Exemple :
• Si vous aidez la Légion de César, la NCR se retire progressivement de la carte, remplaçant ses avant-postes par des légionnaires.
• Si vous sabotez l’approvisionnement en eau de Mr. House, toute la Strip de Las Vegas entre en crise… et les factions ennemies en profitent.
• Dans The Witcher 3, tuer un marchand n’a aucune conséquence. Dans New Vegas, cela peut déclencher une guerre économique.

2. Un système de réputation sans équivalent : New Vegas suit chaque action – même mineure – via un système de réputation caché. Voler, mentir, ou même insulter un PNJ peut avoir des répercussions des heures plus tard. CD Projekt Red a tenté quelque chose de similaire avec Cyberpunk 2077, mais sans atteindre cette granularité.

3. Une liberté narrative extrême : Dans The Witcher 3, Geralt a une personnalité définie. Dans New Vegas, votre personnage est une page blanche : vous pouvez être un saint, un démon, un diplomate, ou un anarchiste, avec des dialogues et des options adaptées. Chris Avellone résume : "On voulait que les joueurs racontent leurs propres histoires, pas qu’ils suivent la nôtre."

"On ne refera plus jamais un jeu comme ça" : l’héritage impossible de New Vegas

Malgré son succès, New Vegas est resté un ovni dans l’industrie. Pourquoi ? Parce que son développement a été trop risqué, même pour Obsidian.

1. Bethesda a changé d’approche : Après New Vegas, Bethesda a repris le contrôle total de la saga, avec Fallout 4 (2015) et Fallout 76 (2018). Résultat ? Des jeux plus linéaires, avec moins de choix et moins de conséquences. Todd Howard justifie ce virage : "New Vegas était une expérience unique, mais trop coûteuse en temps et en ressources. On ne peut pas reproduire ça à chaque opus."

2. Obsidian a évolué : Après New Vegas, Obsidian a enchaîné les projets ambitieux (Pillars of Eternity, The Outer Worlds), mais aucun n’a atteint la même densité systémique. Feargus Urquhart admet : "Aujourd’hui, les éditeurs veulent des jeux 'safe'. New Vegas était l’opposé de ça."

3. Un modèle difficile à reproduire : Entre les bugs massifs, le délai serré, et la complexité des systèmes, New Vegas est devenu un cas d’école – dans le bon et le mauvais sens. Josh Sawyer conclut : "C’était un miracle qu’on ait réussi à le sortir. Et un miracle qu’il soit aussi bon malgré tout."

Pourtant, son influence persiste. Des jeux comme Disco Elysium (2019) ou Baldur’s Gate 3 (2023) citent New Vegas comme une inspiration majeure pour leurs systèmes de choix. Et en 2024, des moddeurs continuent de corriger ses bugs… preuve que son héritage est toujours vivant.

Fallout: New Vegas n’était pas un simple spin-off : c’était l’aboutissement d’une vision, celle des créateurs originaux de Fallout, enfin libérés pour réaliser le jeu qu’ils avaient toujours imaginé. Malgré ses 14 000 bugs, ses délais impossibles, et son moteur vieillissant, il a marqué l’histoire du RPG par sa profondeur narrative et son monde réactif – un exploit que même The Witcher 3 n’a pas égalé. Aujourd’hui, alors que Bethesda prépare Fallout 5 et qu’Obsidian planche sur Avowed, une question persiste : verra-t-on un jour un jeu aussi audacieux que New Vegas ? Probablement pas. Et c’est peut-être pour ça qu’il reste culte.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Écoutez-moi bien, pote : Obsidian a pas juste recyclé Van Buren, ils ont déboulonné Bethesda de son piédestal en mode OSS117 dans un casino de Vegas. 14 000 bugs ? Un délai de 18 mois ? Zeubi, mais regardez le résultat : un jeu où vos choix font trembler le désert comme un tremblement de terre de Final Fantasy Tactics en mode chaos. Bethesda a depuis oublié comment faire un RPG où le monde réagit à vos conneries, et c’est triste. New Vegas, c’était l’utopie du RPG moderne , un truc qu’on a jamais revu, et c’est fatalement dommage."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic