Il y a 69 jours
Da Red Gobbo : Quand le Père Noël rencontre la révolte des Grots dans Warhammer 40K
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Un Père Noël vert et révolutionnaire dans l’univers de Warhammer 40.000
Dans le 41e millénaire, même les traditions terrestres les plus innocentes se transforment en parodies sanglantes. Da Red Gobbo, un Gobelin en manteau écarlate, incarne cette distorsion : à la fois symbole d’une révolte sociale des Grots contre leurs maîtres Orks et version déjantée du Père Noël, distribuant des « cadeaux » aussi imprévisibles qu’explosifs. Officialisé par Games Workshop via des figurines et le roman Da Gobbo’s Revenge, ce personnage s’inscrit dans la tradition du Squigmas, une fête ork où le partage rime avec chaos. Entre satire des luttes de classes et parodie des fêtes commerciales, découvrez comment une légende grot est devenue un phénomène culturel dans l’univers de Warhammer 40.000.
A retenir :
- Da Red Gobbo : Un Père Noël vert né d’une révolte des Grots contre les Orks, mêlant marxisme grotesque et folklore festif.
- Le Squigmas : Une fête ork où les cadeaux sont volés, piégés ou explosifs, avec des règles spéciales éditées par Games Workshop.
- Une rivalité légendaire : Da Red Gobbo vs Da Black Gobbo, deux figures symbolisant l’anarchie des célébrations grots.
- Un phénomène culturel : Figurines, roman (Da Gobbo’s Revenge), et campagnes marketing comme le Grotmas.
- Une satire mordante des fêtes commerciales, où la « générosité » se mesure en détonations et en WAAAGH!.
Un manteau rouge, symbole de révolte et de folklore
Imaginez un univers où le Père Noël n’apporte pas des jouets, mais des bombes artisanales. Où les rennes sont remplacés par des Squigs affamés, et où la liste des « gentils » enfants est remplacée par celle des « méchants Orks » à faire sauter. Bienvenue dans le 41e millénaire, où Da Red Gobbo règne en maître sur le chaos festif. Ce personnage, aussi improbable que génial, est né d’un mélange explosif : une révolte sociale des Grots (les petits êtres verts méprisés par les Orks) et une parodie cynique des traditions terriennes.
Tout commence sur Gorkamorka, une planète où les Orks, ces brutes adorant la guerre, avaient décidé que seuls les « méritants » – c’est-à-dire eux-mêmes – auraient le droit de monter à bord d’un vaisseau spatial. Les Grots, relégués au rôle d’esclaves, en eurent assez. Un Gobelin anonyme, vêtu d’un manteau rouge volé (ou « emprunté » à un Ork trop ivre pour protester), devint le porte-étendard de leur colère. Sous ce vêtement, symbole à la fois de rage et d’espoir, il mena une insurrection qui entra dans la légende. Depuis, le manteau passe de main en main, transformant chaque porteur en Red Gobbo – un peu comme le Spectre de la Révolte, mais en plus vert et avec moins de subtilité.
Ce qui aurait pu rester une anecdote obscure devint un phénomène grâce à Games Workshop. En 2019, la sortie d’une figurine officielle du Red Gobbo, puis en 2021 la publication du roman Da Gobbo’s Revenge, ancrèrent définitivement ce mythe dans le lore. Dans ce dernier, on découvre un Klaws (jeu de mots avec Claus, bien sûr), des « doigts » (des elfes déguisés en lutins, version 40K) et une liste de « mauvais Grots »… ou plutôt de cibles à éliminer avec panache. Une fusion improbable entre marxisme grotesque et folklore de Noël, le tout saupoudré de cette ironie noire si chère à l’univers.
Et comme toute bonne légende, celle du Red Gobbo a ses zones d’ombre. Certains Grots murmurent qu’il n’est qu’un outil de propagande, utilisé par les Orks pour canaliser les révoltes. D’autres prétendent qu’il n’a jamais existé, et que le manteau rouge n’est qu’un leurre pour attirer les crédules dans des pièges. Une chose est sûre : dans le 41e millénaire, même l’espoir a des dents… et une mèche allumée.
Squigmas : Noël version Ork, ou l’art de célébrer le chaos
Si les humains ont Noël, les Orks ont le Squigmas. Et comme tout ce qui touche à ces créatures, c’est bruyant, violent et profondément illogique. Cette « fête », si on peut l’appeler ainsi, consiste à échanger des cadeaux… à condition de les avoir volés, piégés ou bourrés d’explosifs. Le principe ? Plus le cadeau est dangereux, plus le donateur est respecté. Un Squig enrubanné dans du fil barbelé ? Parfait. Une boîte qui explose au premier contact ? Encore mieux. Dans ce contexte, Da Red Gobbo n’est pas seulement un distributeur de présents : c’est un maître de cérémonie du désordre.
Mais attention, le Squigmas a ses règles – enfin, ses habitudes. Par exemple, il est de tradition de voler les cadeaux des autres avant qu’ils ne soient ouverts. Les bagarres sont encouragées, et les explosions considérées comme des feux d’artifice improvisés. Certains clans Orks organisent même des concours pour désigner le meilleur « cadeau » de l’année, souvent jugé sur sa capacité à mutiler ou à terrifier. Games Workshop a d’ailleurs surfé sur cette folie en éditant des règles spéciales pour le Squigmas, permettant aux joueurs de recréer ces scènes de chaos sur leurs tables de jeu.
Et puis, il y a Da Black Gobbo, l’éternel rival de son homologue rouge. Là où le premier incarne (à sa manière) la générosité explosive, le second représente la cupidité pure. Leur affrontement légendaire, où un entrepôt entier de cadeaux volés partit en fumée, donna naissance à une nouvelle tradition : célébrer le Squigmas en partageant… les débris. Parce que dans le 41e millénaire, même les restes d’une explosion peuvent devenir un cadeau, à condition de les lancer assez fort.
Certains joueurs vétérans de Warhammer 40.000 voient dans le Squigmas une critique acerbe des fêtes commerciales. « À quoi bon offrir des cadeaux si ce n’est pas pour prouver sa supériorité ? », semble dire cette tradition. D’autres y voient simplement une excuse pour faire exploser des figurines en riant. Qu’importe : dans un univers où la guerre est éternelle, même Noël devient un champ de bataille.
Grotmas : Quand Games Workshop transforme la satire en phénomène marketing
Si le Squigmas est une fête in-universe, le Grotmas est son équivalent réel – une campagne marketing aussi maligne que décalée. Chaque année, Games Workshop sort des figurines limitées, des règles spéciales et des goodies pour célébrer cette version grot de Noël. En 2020, par exemple, les joueurs pouvaient acheter un kit pour transformer leur Trukk Ork en « traîneau du Red Gobbo », complet avec des Squigs en guise de rennes et des cadeaux-pièges à accrocher à l’arrière.
Mais le Grotmas va plus loin qu’un simple coup marketing. Il s’inscrit dans une tradition de lore participatif, où les joueurs sont encouragés à inventer leurs propres histoires autour du Red Gobbo. Des tournois spéciaux sont organisés, où les armées doivent inclure des unités « festives » (comme des Grots déguisés en sapins). Certains clubs de jeu vont même jusqu’à recréer des batailles du Squigmas, où le but est de voler le plus de cadeaux possibles… avant qu’ils n’explosent.
Le roman Da Gobbo’s Revenge joue un rôle clé dans cette mythologie. Écrit dans un style parodique, il mélange humour noir et références à la culture geek. On y découvre que le manteau rouge du Red Gobbo est en réalité tissé avec les poils d’un Snotling géant, ou que sa liste de « méchants » est écrite sur des morceaux de tôle rouillée. Des détails qui, bien que ridicules, ajoutent une couche de profondeur à ce personnage. Parce que dans Warhammer 40.000, même les blagues ont un arrière-goût de tragédie.
Certains puristes râlent, bien sûr. « C’est du commercialisme déguisé », grognent-ils. Mais c’est oublier que Warhammer 40.000 a toujours joué avec les codes, mélangeant satire et sérieux. Le Grotmas, comme le Red Gobbo lui-même, est une célébration de l’absurdité – et dans un univers aussi sombre, un peu de folie festive ne fait pas de mal.
Pourquoi Da Red Gobbo est bien plus qu’un Père Noël vert
À première vue, Da Red Gobbo n’est qu’une blague, un clin d’œil potache à Noël dans un univers où la joie est une denrée rare. Mais en creusant un peu, on découvre qu’il incarne quelque chose de bien plus profond : la résistance des opprimés. Les Grots, dans Warhammer 40.000, sont les éternels souffre-douleur. Méprisés par les Orks, ignorés par les autres factions, ils ne survivent que par la ruse et la débrouille. Le Red Gobbo, avec son manteau rouge et ses cadeaux piégés, est leur réponse à des siècles d’humiliation.
Il y a aussi une dimension métatextuelle. Le Red Gobbo est une création des fans avant d’être officialisée. Pendant des années, des joueurs ont inventé des histoires autour de ce personnage, dessiné des figurines custom, écrit des règles maison. Games Workshop a simplement récupéré et amplifié cette énergie collective. C’est un rare exemple où la communauté a directement influencé le lore, prouvant que même dans un univers aussi contrôlé que celui de 40K, il reste une place pour l’imagination sauvage.
Enfin, le Red Gobbo rappelle que Warhammer 40.000 n’est pas qu’une succession de batailles sans fin. C’est aussi un terrain de jeu pour explorer des thèmes comme la révolte, la culture populaire ou même la fête. Dans un univers où l’humanité est au bord de l’extinction et où les dieux sont des entités monstrueuses, un Gobelin en manteau rouge qui distribue des bombes en riant est peut-être la chose la plus humaine qui soit.
Alors, la prochaine fois que vous verrez un sapin de Noël, souvenez-vous : quelque part, dans une galaxie lointaine et très violente, un petit être vert prépare ses cadeaux. Et ils ont toujours une mèche un peu trop courte.
Da Red Gobbo n’est pas qu’un Père Noël déjanté – c’est un miroir tendu à l’univers de Warhammer 40.000. À travers lui, on voit la révolte des faibles, l’absurdité des traditions, et cette capacité unique qu’a la franchise à transformer le plus sombre en quelque chose de drôle, voire de touchant. Que ce soit via le Squigmas, le Grotmas ou les aventures rocambolesques du roman Da Gobbo’s Revenge, ce Gobelin en rouge prouve qu’il y a toujours de la place pour un peu de folie, même au milieu de l’apocalypse.
Et si vous croyez que les cadeaux explosifs sont réservés aux Orks, détrompez-vous : Games Workshop a déjà prévu une nouvelle figurine pour cette année. Alors, prêt à ajouter un peu de WAAAGH! à vos fêtes ?

