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"Solos" sur Prime Video : 7 récits bouleversants où Anne Hathaway, Helen Mirren et Anthony Mackie explorent la solitude comme jamais
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Il y a 50 jours

"Solos" sur Prime Video : 7 récits bouleversants où Anne Hathaway, Helen Mirren et Anthony Mackie explorent la solitude comme jamais

Pourquoi Solos est la mini-série anthologique la plus sous-estimée de Prime Video ?

Imaginez sept destins solitaires, sept explorations de l'âme humaine à travers le prisme de la science-fiction, portés par des monstres sacrés comme Helen Mirren, Morgan Freeman ou Anne Hathaway. Solos (2021), disponible sur Prime Video, est cette perle rare : une anthologie où chaque épisode de 30 minutes plonge le spectateur dans une réflexion poétique sur l'isolement, la mémoire et notre rapport à la technologie. Entre dystopie douce et émotion brute, la série ose un mélange audacieux qui rappelle Black Mirror par son cadre futuriste, mais s'en distingue par une humanité touchante, presque thérapeutique.

A retenir :

  • Une anthologie futuriste méconnue : 7 épisodes autonomes, 7 visages de la solitude explorés avec des stars comme Anthony Mackie (Captain America) ou Constance Wu.
  • Entre Black Mirror et poésie contemplative : une science-fiction intime, sans cynisme, où la technologie révèle plutôt qu’elle ne détruit.
  • Le casting de rêve : Morgan Freeman en philosophe du temps, Helen Mirren face à un choix déchirant, Anne Hathaway en scientifique hantée par le deuil.
  • Un ovni narratif : des thèmes universels (mémoire, mortalité, IA) traités avec une subtilité rare, entre réalisme et onirisme.
  • La question centrale : et si la solitude était le dernier rempart contre l’illusion de la connexion permanente ?
  • À redécouvrir absolument : une série courte (2h10 au total), mais d’une densité émotionnelle rare, parfaite pour une soirée réflexive.

"Solos" : quand la science-fiction devient un miroir de nos solitudes modernes

Sortie discrètement en 2021 sur Prime Video, Solos est une de ces œuvres qui méritent une seconde chance. À l’ère des algorithmes qui nous suggèrent sans cesse du contenu similaire, cette mini-série anthologique ose l’audace : sept épisodes indépendants, sept univers distincts, unis par un thème commun, la solitude, et une question lancinante : "Comment restons-nous humains quand la technologie promet de tout préserver, sauf notre essence ?"

Le format court (30 minutes par épisode) est un atout : pas de temps perdu, chaque minute compte. Pas de remplissage non plus – chaque récit est une plongée immersive dans la psyché d’un personnage, avec des décors épurés et une bande-son envoûtante qui renforcent l’intimité du propos. On pense à Twilight Zone pour la structure anthologique, à Years and Years (HBO) pour son exploration des émotions à travers le futur, mais Solos a une identité propre : moins sombre que Black Mirror, plus optimiste que Devs (FX), et d’une poésie rare pour une série SF.


Un casting cinq étoiles au service de l’émotion pure

C’est l’un des grands points forts de Solos : chaque épisode repose sur une performance acteuriale majeure, et le résultat est à la hauteur des attentes. Voici trois interprétations qui marquent particulièrement :

Helen Mirren (Leah) : le poids de la mémoire
Dans "Leah", la légendaire actrice incarne une femme confrontée à un dilemme déchirant : effacer ses souvenirs douloureux ou les conserver, quitte à en souffrir éternellement. Son jeu, d’une retenue bouleversante, rappelle son rôle dans The Queen, mais avec une vulnérabilité nouvelle. La scène où elle dialogue avec une version holographique de son défunt mari est d’une intensité rare – un moment de télévision pure, où le silence en dit plus que les mots.

Morgan Freeman (Stuart) : la voix de la sagesse face au temps
Qui mieux que Morgan Freeman pour incarner un vieil homme méditant sur le temps qui s’échappe ? Son épisode, presque entièrement en monologue, est un chef-d’œuvre de minimalisme. Assis dans un vaisseau spatial, Stuart s’adresse à une intelligence artificielle, comme s’il parlait à l’univers lui-même. Sa voix grave, ses pauses calculées, tout respire la mélancolie et l’acceptation. Un épisode qui ressemble à une fable philosophique, entre 2001, l'Odyssée de l'espace et Un homme nommé Ove.

Anne Hathaway (Peg) : la scientifique en deuil
Dans "Peg", Hathaway joue une chercheuse obsédée par l’idée de manipuler les lois de la physique pour retrouver sa mère disparue. Son interprétation, à la fois fiévreuse et fragile, rappelle son rôle dans Interstellar, mais avec une dimension plus intime. La scène où elle tente de communiquer à travers le temps est électrisante – un mélange de désespoir et d’espoir qui donne des frissons.


Anthony Mackie et Constance Wu : quand la SF explore la parentalité et l’IA

Si le casting principal est déjà impressionnant, deux épisodes se distinguent par leur originalité thématique :

Anthony Mackie (Tom) : l’amour parental à l’épreuve de l’immortalité
Connu pour son rôle de Captain America dans l’Univers Marvel, Mackie surprend ici en incarnant un père prêt à tout pour préserver sa mémoire pour ses enfants. Son épisode explore une technologie controversée : des capsules mémorielles capables de stocker l’essence d’un être humain. Le dilemme est cruel : "Dois-je laisser mes enfants grandir avec une version figée de moi, ou disparaître complètement ?" Mackie, habitué aux rôles héroïques, livre une performance d’une humanité rare, loin des clichés des blockbusters.

Constance Wu (Jenny) : quand l’IA devient miroir de nos peurs
Dans un épisode plus expérimental, Wu incarne une femme en conflit avec une IA omnisciente qui prétend connaître ses désirs mieux qu’elle-même. Le scénario, proche des thèmes de Her (Spike Jonze), interroge : "Jusqu’où pouvons-nous faire confiance à la technologie pour combler notre solitude ?" La tension entre Jenny et l’IA, à la fois maternelle et menaçante, est l’un des moments les plus inquiétants de la série.


"Derrière l’écran" : comment Solos a été conçu comme une expérience sensorielle

Ce que peu de gens savent, c’est que Solos a été pensée comme une expérience immersive, bien au-delà du simple visionnage. Le réalisateur David Weil (créateur de Hunters sur Prime Video) a travaillé avec des neuroscientifiques pour comprendre comment la solitude affecte le cerveau. Résultat :

  • Des cadrages serrés : les plans rapprochés sur les visages accentuent l’impression d’intimité, comme si le spectateur était dans la tête du personnage.
  • Une bande-son hypnotique : composée par Heitor Pereira (connue pour Despicable Me et Minions), la musique alterne entre silences pesants et crescendos émotionnels pour guider les émotions.
  • Des décors épurés : peu de distractions visuelles, juste l’essentiel pour focaliser l’attention sur les dialogues et les expressions.

Un détail fascinant : chaque épisode a été tourné dans un ordre différent de celui de la diffusion, pour éviter que les acteurs ne s’influencent mutuellement. Une approche rare, qui a permis à chacun de créer son univers sans contamination narrative.


Pourquoi Solos résonne si fort en 2024 ?

À sa sortie en 2021, Solos est passée relativement inaperçue, écrasée par des blockbusters comme Loki ou The Falcon and the Winter Soldier. Pourtant, trois ans plus tard, la série prend une résonance nouvelle :

  • L’ère post-pandémie : après des années de confinement et de distanciation sociale, les questions sur l’isolement et la connexion humaine n’ont jamais été aussi pertinentes.
  • L’essor des IA conversationnelles (ChatGPT, Replika) : l’épisode de Constance Wu semble presque prémonitoire, alors que des millions de personnes se tournent vers des bots pour combler leur solitude.
  • Le débat sur la mort numérique : avec des projets comme Meta’s AI avatars ou les deepfakes de défunts, l’épisode d’Anthony Mackie sur les capsules mémorielles devient terrifiant de réalisme.

Comme le souligne la critique Emily Nussbaum (The New Yorker) : "Solos est une série sur ce que nous sommes prêts à sacrifier pour ne pas être seuls – y compris, parfois, notre humanité." Un propos qui, en 2024, semble plus actuel que jamais.


Les limites de Solos : une ambition parfois inégale

Si Solos est une réussite globale, elle n’est pas exempte de défauts. Certains épisodes, comme celui de Dan Stevens (Downton Abbey), peinent à trouver le même équilibre entre profondeur émotionnelle et originalité narrative. Son personnage, un homme en quête de rédemption, manque de nuance par rapport aux autres récits.

Par ailleurs, le format anthologique, bien que rafraîchissant, peut dérouter certains spectateurs habitués à des arcs narratifs continus. Comme le note le site IndieWire : "Solos est une série à savourer épisode par épisode, pas à binge-watcher. Ceux qui cherchent du rythme effréné passeront leur chemin."

Enfin, certains trouveront que la série manque de diversité dans ses thèmes : malgré des décors futuristes, les dilemmes restent très occidentaux et individualistes. Une critique récurrente dans la SF américaine, où les récits collectifs sont souvent relégués au second plan.

Solos est cette rare série qui vous hante longtemps après le générique de fin. Pas parce qu’elle propose des réponses, mais parce qu’elle ose poser les bonnes questions : jusqu’où irions-nous pour échapper à la solitude ? Que sommes-nous prêts à abandonner pour rester "connectés", même artificiellement ?

Avec un casting exceptionnel, une réalisation soignée et des scénarios qui oscillent entre poésie et dystopie, elle mérite amplement sa place parmi les grandes anthologies de ces dernières années. À l’heure où les écrans nous promettent toujours plus de lien, mais souvent moins de sens, Solos rappelle une vérité simple : parfois, c’est dans le silence et l’isolement que l’on se découvre le plus humain.

Disponible sur Prime Video, la série se savoure en une soirée – ou episode par episode, pour laisser chaque histoire résonner. Un bijou à (re)découvrir, surtout si vous avez aimé Black Mirror mais cherchez quelque chose de plus chaleureux, plus intime. Et peut-être, après l’avoir vue, prendrez-vous le temps de déconnecter… pour mieux vous reconnecter à vous-même.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ah, Solos, cette mini-série qui arrive comme un Silence of the Lambs en mode "regarde-moi dans les yeux" mais en version SF. Sept épisodes, sept solitudes, et zéro temps mort , comme un Final Fantasy où chaque boss est un miroir brisé. Helen Mirren dans son épisode ? Un The Last of Us émotionnel, mais avec des hologrammes au lieu de champignons. Morgan Freeman en vieux sage spatial ? Un 2001 où Kubrick aurait fait un podcast. La seule limite ? Si tu veux du binge, fuis : c’est du Dark Souls, il faut y aller étape par étape, avec une pause café entre chaque épisode. Et si tu cherches des réponses sur l’IA et la mort numérique, tu tombes pile dans le Black Mirror mais en plus poétique. Dommage que Dan Stevens ait fait un Downton Abbey dans l’espace , là, on aurait eu droit à un vrai Castlevania psychologique.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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