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Tests & Critiques

Sophie Turner quitte Westeros pour un cauchemar psychologique :
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Il y a 62 jours

Sophie Turner quitte Westeros pour un cauchemar psychologique :

Pourquoi ce thriller espagnol pourrait bien devenir le rôle le plus marquant de Sophie Turner depuis Game of Thrones...

A retenir :

  • Sophie Turner troque la robe de Sansa Stark contre un rôle sombre et tourmenté dans Mi otro yo, un thriller psychologique qui repousse ses limites d'actrice
  • Un mélange glaçant de paranoïa et de surnaturel, entre The Babadook et Hereditary, signé par la réalisatrice espagnole Isabel Coixet (La Vida Secreta de las Palabras)
  • Une atmosphère gothique étouffante, des décors claustrophobes et un scénario adapté du roman de Cathy MacPhail – disponible exclusivement sur Movistar Plus+
  • Un trio d'acteurs explosif : Turner, Jonathan Rhys Meyers et Rhys Ifans dans un jeu de miroirs psychologiques où rien n'est ce qu'il semble
  • 90 minutes de tension pure, sans temps mort, où la frontière entre réalité et cauchemar s'efface progressivement

De Winterfell aux abîmes de la folie : le virage audacieux de Sophie Turner

Après avoir incarné pendant huit saisons Sansa Stark, l’héroïne fragile puis redoutable de Game of Thrones, Sophie Turner aurait pu se contenter de rôles dans des productions fantastiques ou des blockbusters. Pourtant, c’est vers un territoire bien plus sombre et intime qu’elle s’est tournée avec Mi otro yo (Mon autre moi), un thriller psychologique espagnol qui la propulse dans une spirale de terreur existentielle.
Ici, pas de dragons ni de batailles épiques, mais une plongée dans les méandres de la psyché humaine, où chaque reflet dans un miroir devient une menace. Un choix risqué ? Sans doute. Mais c’est précisément ce qui rend sa performance aussi captivante.

Dans ce film adapté du roman de Cathy MacPhail, Turner incarne Fay, une jeune femme dont la vie bascule lorsqu’elle se met à être hantée par... elle-même. Ou du moins, par une version d’elle-même qui semble déterminée à la détruire. Le scénario, d’une ingéniosité machiavélique, joue avec les codes du double maléfique tout en y injectant une dose de réalisme psychologique qui rend l’ensemble d’autant plus glaçant.
"Je voulais explorer quelque chose qui me fasse peur à moi aussi, pas juste au public"*, confiait l’actrice lors d’une interview pour Variety. Mission accomplie.

Isabel Coixet, la magicienne espagnole du suspense psychologique

Si Mi otro yo fonctionne aussi bien, c’est en grande partie grâce à sa réalisatrice, Isabel Coixet, une cinéaste espagnole connue pour son approche minimaliste mais implacable des drames humains. Après des films comme La Vida Secreta de las Palabras (2005) ou The Bookshop (2017), elle prouve une fois de plus son talent pour disséquer les âmes en peine avec une précision chirurgicale.
Son style ? Des plans serrés sur les visages, des silences lourds de sens, et une direction d’acteurs exigeante qui pousse ses interprètes dans leurs retranchements. Pour Turner, cela signifiait des journées de tournage éprouvantes : "Isabel voulait que je sois constamment sur le fil, entre la peur et la colère. À la fin d’une scène, je tremblais vraiment"*, révèle-t-elle.

Coixet s’inspire ici des grands noms du cinéma psychologique européen, tout en y ajoutant une touche personnelle. Les influences de Roman Polanski (pour l’angoisse sourde) et de David Lynch (pour l’étrangeté onirique) sont palpables, mais le résultat reste résolument contemporain. Le film évite les écueils du genre en refusant les explications trop faciles : "Je déteste les thrillers qui donnent toutes les réponses. La peur naît de l’incertitude"*, explique la réalisatrice.

"Et si ton pire ennemi, c’était toi ?" – L’intrigue qui vous hantera bien après le générique

Mi otro yo commence comme un drame familial classique : Fay, une mère célibataire, tente de reconstruire sa vie après une rupture douloureuse. Mais très vite, des phénomènes inexplicables se produisent. Des objets disparaissent. Des bruits étranges résonnent dans la maison. Et surtout, Fay aperçoit une silhouette qui lui ressemble trait pour trait... mais qui n’est pas elle.
Le scénario, écrit par Coixet elle-même, joue avec brio sur l’ambiguïté : s’agit-il d’une hallucination liée à un traumatisme refoulé ? D’une entité surnaturelle ? Ou simplement d’une manifestation de la culpabilité de Fay ? Le film refuse de trancher, préférant laisser le spectateur dans un état de doute permanent.

Les références à des œuvres comme The Babadook (pour la métaphore de la dépression) ou Hereditary (pour l’horreur familiale) sont évidentes, mais Mi otro yo se distingue par son approche plus intimiste. Pas de jumpscares faciles ici : la terreur naît de l’accumulation de détails – un regard furtif dans un miroir, une porte qui grince au mauvais moment, une voix chuchotée dans le noir.
"Coixet a compris que le vrai frisson vient de ce qu’on ne voit pas"*, note le critique du Guardian, qui salue "un thriller où chaque plan est une menace potentielle"*.

Un casting explosif : Turner, Meyers et Ifans en triangle infernal

Si Sophie Turner porte le film avec une intensité rare, elle n’est pas seule. À ses côtés, Jonathan Rhys Meyers (connu pour The Tudors et Match Point) incarne un personnage ambigu, à la fois protecteur et inquiétant. Leur dynamique à l’écran est électrique, oscillant entre tendresse et tension palpable.
Quant à Rhys Ifans (Notting Hill, The Amazing Spider-Man), il apporte une touche de folie contrôlée à l’ensemble, dans un rôle qui rappelle ses performances les plus sombres. Ensemble, les trois acteurs forment un trio d’une cohésion parfaite, chacun jouant avec les nerfs de l’autre – et ceux du spectateur.

La scène la plus marquante ? Un dîner où les trois personnages se retrouvent autour d’une table, sous une lumière tremblotante. Les dialogues, apparemment anodins, sont chargés d’un sous-texte menaçant. "C’était comme jouer une partie d’échecs en apnée"*, confie Meyers. Le résultat à l’écran est hypnotique.

Gothique, claustrophobe et visuellement sublime : l’esthétique qui tue

Mi otro yo n’aurait pas le même impact sans sa direction artistique méticuleuse. Les décors, signés Lluna Jover, sont des personnages à part entière : une maison victorienne décrépie, des couloirs étroits, des miroirs omniprésents (symboles évidents de la dualité). La photographie, confiée à Jean-Claude Larrieu, alterne entre ombres profondes et éclairages crépusculaires, créant une atmosphère à la fois réaliste et onirique.
Même les couleurs ont été pensées pour accentuer le malaise : des tons bleutés et sépia dominent, évoquant à la fois la mélancolie et la pourriture. "Nous voulions que le spectateur sente la moisissure sur les murs"*, explique Larrieu.

La bande-son, composée par Alberto Iglesias (collaborateur régulier de Pedro Almodóvar), achève de plonger le film dans une ambiance de cauchemar éveillé. Des cordes dissonantes, des silences soudains, et parfois, presque imperceptible, le souffle d’une respiration qui n’est pas la vôtre...

Pourquoi ce film mérite (vraiment) votre attention

Dans un paysage cinématographique saturé de remakes et de franquises sans âme, Mi otro yo se distingue par son audace narrative et son refus des facilités. C’est un film qui exige de son public qu’il s’engage, qu’il accepte de se laisser troubler. Et c’est précisément ce qui le rend si précieux.
Pour Sophie Turner, c’est une révélation : après des années à incarner des personnages écrits pour les effets spéciaux, elle prouve ici qu’elle peut porter un film par la seule force de son jeu. Quant à Isabel Coixet, elle confirme son statut de maîtresse du thriller psychologique, capable de rivaliser avec les plus grands noms du genre.

Où le voir ? Exclusivement sur Movistar Plus+, où il est disponible depuis le 15 octobre 2023. Un conseil : regardez-le la nuit, avec le son à fond. Et vérifiez bien que vous êtes seul dans la pièce avant d’allumer l’écran...

Mi otro yo n’est pas qu’un simple thriller. C’est une expérience sensorielle, une descente aux enfers où chaque détail compte. Sophie Turner y livre la performance de sa carrière, loin des clichés de l’héroïne fantastique, dans un rôle qui la transforme en miroir brisé de nos propres angoisses.
Isabel Coixet, quant à elle, signe là l’un de ses films les plus aboutis, prouvant que le cinéma espagnol peut encore surprendre et terrifier sans recourir aux recettes éculées. Si vous ne deviez voir qu’un thriller cette année, ce serait celui-ci. À condition d’avoir le cœur bien accroché.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ce film, c’est comme si Silent Hill avait fait un bébé avec The Ring, mais en plus intime et moins tape-à-l’œil. Sophie Turner passe du "je suis une Stark, donc je fais des trucs cool" à "je suis une femme qui hurle dans sa salle de bain parce que son double lui vole ses sous-vêtements". Le résultat ? Une performance qui donne envie de lui offrir un miroir et un couteau, en lui disant "bon courage, ma belle". Isabel Coixet, elle, a compris que l’horreur, c’est comme Resident Evil : plus tu attends le jump scare, plus il est chiant. Ici, la terreur vient des regards en coin, des portes qui grincent, et de cette sensation de déjà-vu qui te colle à la peau comme un mauvais souvenir de Psychose. Le trio d’acteurs, lui, joue les échecs psychologiques avec la précision d’un Dark Souls bien rodé , chaque coup est calculé, chaque regard en dit plus qu’un dialogue. Bref, si tu veux un film qui te fera douter de ta propre santé mentale, fonce. Mais prévois un coussin, parce que tu vas avoir envie de t’enrouler dedans comme dans The Shining après trois minutes de visionnage. Et surtout, regarde-le seul. Parce que ton "autre toi" pourrait bien être assis à côté de toi en ce moment, en train de rigoler.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen