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Tests & Critiques

**Spiral : L’Héritier Sanglant de SAW sur Prime Video – Un Tueur Encore Plus Retors que Jigsaw ?**
Tests & Critiques

Il y a 63 jours

**Spiral : L’Héritier Sanglant de SAW sur Prime Video – Un Tueur Encore Plus Retors que Jigsaw ?**

**Un spin-off audacieux, mais controversé**

Spiral: From the Book of Saw, disponible depuis peu sur Prime Video, ose repenser la formule de la saga SAW en y injectant une intrigue policière et un tueur collectif ciblant les policiers corrompus. Avec Chris Rock et Samuel L. Jackson en têtes d’affiche, le film mise sur des pièges plus élaborés (comme la scène culte du métro) et un budget 17 fois supérieur à celui du premier opus. Pourtant, entre 24% de critiques positives sur Rotten Tomatoes et l’absence quasi totale de Tobin Bell, ce spin-off divise : renouvellement ambitieux ou trahison de l’esprit originel ?

A retenir :

  • Un tueur 2.0 : Plus qu’un simple imitateur de Jigsaw, le meurtrier de Spiral agit en réseau, ciblant systématiquement la corruption policière – une première dans la franchise.
  • Des pièges à couper le souffle : La scène du métro, où les victimes doivent s’arracher la langue, pousse l’horreur mécanique à son paroxysme, loin des dispositifs "artisanaux" des premiers SAW.
  • Un casting surprise : Chris Rock (oui, celui de la gifle des Oscars) et Samuel L. Jackson en policiers traqués, sous la supervision des créateurs James Wan et Leigh Whannell.
  • Un accueil glacial : Seulement 24% de critiques positives sur Rotten Tomatoes, avec des puristes déçus par l’absence de Tobin Bell et un ton moins "brutaliste".
  • Un budget explosif : 21 millions de dollars (contre 1,2 million pour le premier SAW en 2004), pour des séquences plus lisses… mais moins mémorables ?

**Un Spin-Off qui Dérange l’Ordre Établi**

Quand Prime Video annonce l’arrivée de Spiral: From the Book of Saw dans son catalogue, c’est un peu comme si un nouveau piège mortel se refermait sur les fans de la saga. Sorti en 2021 dans une relative indifférence (le film n’a rapporté "que" 44 millions de dollars mondialement, un score modeste pour la franchise), ce spin-off ose pourtant une réinvention radicale : et si Jigsaw n’était plus un lone wolf, mais l’inspiration d’un mouvement collectif ?

Dès les premières minutes, le ton est donné : un policier corrompu se réveille enchaîné dans une pièce, face à un enregistrement audio qui lui intime de se "racherter"… ou de mourir. Exit les victimes lambda des précédents SAW : ici, le tueur (ou les tueurs ?) s’attaque uniquement aux représentants de l’ordre véreux. Une cible qui rappelle étrangement le tueur du Zodiaque ou les justiciers masqués des comics, mais version gore extrême.

Pour incarner cette chasse à l’homme, le film mise sur un duo inattendu : Chris Rock (dans un rôle dramatique surprenant après ses performances comiques) et Samuel L. Jackson, en vétéran désabusé. Leur alchimie fonctionne, mais peine à compenser l’absence criante de Tobin Bell, réduit à une caméo symbolique en flashback. Un choix audacieux… ou une erreur stratégique pour une franchise où Jigsaw était le cœur battant ?


**Des Pièges à la Limite du Supportable (et du Ridicule ?)**

Si Spiral se revendique comme un héritier de SAW, c’est d’abord par ses dispositifs mortels, plus sophistiqués que jamais. Oubliez les lames de rasoir et les serrures à combinaison : place aux mécanismes industriels, comme ce piège du métro où les victimes doivent s’arracher la langue pour éviter d’être écrasées. Une scène qui a marqué les esprits… et divisé la critique.

Pour Leigh Whannell (co-créateur de la saga et scénariste ici), l’idée était de "moderniser" les pièges : "On voulait que chaque mécanisme reflète l’époque – plus technologique, plus impersonnel, comme la corruption systémique qu’on dénonce". Pourtant, certains fans y voient une surenchère gratuite. Comme le note le critique du Guardian : "Spiral remplace l’horreur psychologique par du grand-guignol numérique. Où est passée la poésie macabre des premiers SAW ?"

Autre nouveauté : le tueur n’agit pas seul. Des indices disséminés dans le film suggèrent l’existence d’un réseau, voire d’une secte, reprenant les méthodes de Jigsaw. Une piste qui ouvre des perspectives pour d’éventuelles suites… mais qui éloigne le film de l’intimité claustrophobe qui faisait le sel des origines. À trop vouloir élargir l’univers, Spiral risque-t-il de perdre son âme ?


**Entre Se7en et SAW : Un Mélange qui Déroute**

Le parti pris le plus surprenant de Spiral ? Son cadre policier, presque inédit dans la franchise. Ici, les enquêtes de Rock et Jackson occupent autant d’espace que les scènes de torture, rappelant des thrillers comme Se7en (1995) ou Zodiac (2007). Une comparaison assumée par le réalisateur Darren Lynn Bousman : "On voulait explorer la corruption comme un cancer, et le tueur comme un chirurgien qui l’excise. SAW a toujours été une métaphore – ici, elle devient politique."

Pourtant, là où David Fincher misait sur le suspense psychologique, Spiral bascule souvent dans le spectacle pur. Les 21 millions de dollars de budget (contre 1,2 million pour le premier SAW en 2004) se voient à l’écran : décors léchés, effets spéciaux plus propres… mais une tension moins palpable. Comme si l’âme "low-cost" de la saga, qui avait séduit par son réalisme brut, s’était évaporée.

Les 24% de critiques positives sur Rotten Tomatoes en témoignent : pour les puristes, Spiral est un "SAW pour les nuls", trop poli pour choquer, trop prévisible pour surprendre. À l’inverse, certains y voient une évolution nécessaire, comme Bloody Disgusting : "Enfin un SAW qui ose parler du monde réel, même si c’est avec des tripes qui dégoulinent."


**L’Ombre de Jigsaw : Un Fantôme Trop Présent ?**

Impossible d’évoquer Spiral sans parler de l’absence de John Kramer. Alors que Tobin Bell avait incarné le tueur iconique pendant huit films, le voici relégué à une apparition fantomatique, via des archives audio et une brève scène en flashback. Un choix qui s’explique : "On ne voulait pas d’un simple copier-coller. Ce tueur est différent – il utilise les méthodes de Jigsaw, mais pour ses propres fins", explique James Wan, producteur.

Pourtant, cette disparition laisse un vide. Jigsaw n’était pas qu’un meurtrier : c’était un philosophie, une voix (littéralement, avec ses cassettes enrouées). Sans lui, Spiral peine à trouver son identité. Le nouveau tueur, masqué et silencieux, manque de charisme – un défaut que même les performances de Rock et Jackson ne parviennent pas à combler.

Reste une question : cette distanciation est-elle une trahison ou une libération ? Pour Leigh Whannell, "SAW a toujours été une franchise en mutation. Spiral est juste le prochain chapitre, pas une fin." Une réponse qui ne convainc pas tous les fans, habitués à un tueur plus "humain", même dans sa monstruosité.


**"Le Livre de SAW" : Une Mythologie à Réinventer**

Le titre original, From the Book of Saw, n’est pas anodin. Il suggère que ce spin-off s’inscrit dans une lignée, comme un évangile apocryphe de l’univers Jigsaw. Une idée renforcée par les références disséminées : les cassettes, les poupées Billy, les règles du "jeu". Pourtant, Spiral semble hésiter entre hommage et réinvention.

Preuve de cette ambiguïté : la scène post-générique, qui laisse entendre un lien direct avec Jigsaw (2017). Une façon de rassurer les fans ? Ou un aveu que le film a du mal à se tenir debout sans son aîné ? Comme le résume IndieWire : "Spiral est un film schizo – à la fois trop fidèle et pas assez. Comme s’il avait peur de s’éloigner de SAW… tout en rêvant d’en finir."

Alors, faux départ ou nouveau souffle ? Une chose est sûre : avec Spiral, la franchise SAW prouve qu’elle n’a pas dit son dernier mot. Même si ce mot, pour l’instant, divise plus qu’il ne convainc.

Spiral: From the Book of Saw est un ovni dans l’univers SAW : un mélange détonant de thriller policier et d’horreur grand-guignolesque, porté par un Chris Rock inattendu et des pièges d’une inventivité sadique. Pourtant, entre un accueil critique glacial, l’absence de Tobin Bell et un ton moins brut que les opus originaux, le film peine à trouver son public.

Reste une question lancinante : et si Spiral était trop en avance sur son temps ? Dans une ère où les franchises horrifiques se recyclent (Halloween, Scream), son approche politique et collective du tueur pourrait bien inspirer les suites. À condition de ne pas oublier ce qui a fait le succès de SAW : l’horreur intime, le minimalisme glaçant… et un monstre inoubliable.

Pour les curieux, le film est désormais disponible sur Prime Video – à regarder avec un seau à côté, et un esprit ouvert.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Spiral, c’est comme si Resident Evil avait tenté de faire un Silent Hill en mode "blockbuster Disney" : trop de gore, pas assez de folie psychologique. Chris Rock et Samuel L. Jackson sauvent l’étage, mais le film reste coincé entre deux chaises , trop sérieux pour être un vrai SAW, trop gore pour être un thriller crédible. Dommage, parce que l’idée d’un Jigsaw 2.0 en mode "justicier" avait du potentiel. À voir comme un épisode de The X-Files où le FBI aurait remplacé les aliens par des pièges industriels.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen