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Steam Machine 2024 : Un rêve de PC gaming compact à plus de 1000 € – Le projet fou de JayzTwoCents
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Il y a 95 jours

Steam Machine 2024 : Un rêve de PC gaming compact à plus de 1000 € – Le projet fou de JayzTwoCents

Quand recréer une Steam Machine en 2024 tourne au casse-tête technique et financier...

A retenir :

  • JayzTwoCents relance le débat sur la Steam Machine en tentant de la recréer avec des composants modernes – un défi qui explose le budget à plus de 1 400 €.
  • Un Ryzen 7 7700X et une RX 6060 XT (8 Go VRAM) révèlent les limites des builds mini-ITX : performances justes pour le 1080p, mais déjà dépassées par des jeux comme Alan Wake 2 (16 Go recommandés).
  • Le boîtier Fractal Terra (10,3 L) et l’alimentation Asus ROG Loki 1000W symbolisent l’absurdité économique : des composants surdimensionnés pour un gain minimal.
  • Un projet qui pose la question : la Steam Machine était-elle une idée géniale... ou un rêve technologique trop en avance ?

1942 € pour un PC gaming "compact" : quand le rêve de Valve devient un cauchemar budgétaire

Imaginez un instant : un PC gaming aussi puissant qu’une console, mais ouvert, modulable, et capable de faire tourner votre bibliothèque Steam entière. C’était la promesse de la Steam Machine, ce projet ambitieux (et finalement abandonné) de Valve en 2015. Près de dix ans plus tard, JayzTwoCents, le YouTuber spécialisé en hardware, a décidé de relever un défi : reconstruire une configuration équivalente avec des composants modernes. Résultat ? Un budget final de 1 942 $ (soit environ 1 800 €) – bien loin des 500 à 600 $ initialement envisagés pour les modèles d’entrée de gamme à l’époque.

Le problème ? Les contraintes du format mini-ITX. Dans une vidéo détaillée, JayzTwoCents explique comment chaque choix de composant devient un compromis douloureux entre performance, compatibilité et prix. Par exemple, le boîtier Fractal Terra (10,3 L), aussi élégant soit-il, impose des restrictions drastiques : une carte graphique limitée à 2 slots d’épaisseur, un refroidissement air liquide presque obligatoire, et une alimentation SFX-L (un format rare et coûteux). Bref, un vrai casse-tête pour quiconque veut allier puissance et compacité.


Et c’est sans compter les pénuries de composants adaptés. Comme le souligne le YouTuber : *« Il n’existe tout simplement pas assez d’options mini-ITX performantes et abordables. Soit vous sacrifiez la puissance, soit vous explosez votre budget. »*

Le cœur du problème : une RX 6700 XT (8 Go) déjà obsolète face à Alan Wake 2 et Starfield

Au centre de ce build, on trouve une Radeon RX 6700 XT (8 Go de VRAM), un choix qui peut sembler étrange en 2024. Pourquoi pas une RTX 4070 ou une RX 7800 XT, direz-vous ? Parce que dans un boîtier aussi petit, la compatibilité prime sur la performance brute. La 6700 XT est l’une des rares cartes haut de gamme à tenir dans un format aussi réduit... mais ses 8 Go de VRAM sont déjà un handicap.

Pour preuve : des jeux récents comme Alan Wake 2 (qui recommande 16 Go de VRAM) ou Starfield (12 Go minimum) la mettent en difficulté en Ultra. JayzTwoCents assume ce compromis : *« Oui, une 16 Go aurait été idéale, mais elle aurait coûté 200 $ de plus... et aurait peut-être même pas rentré dans le boîtier. »*

Le pire ? Aucune possibilité d’upgrade futur. Dans un boîtier de 10,3 L, remplacer la carte graphique signifierait probablement changer aussi l’alimentation, le refroidissement, voire le boîtier lui-même. Une ironie cruelle pour un PC censé incarner la flexibilité du gaming sur mesure.


Comme le résume un commentaire sous la vidéo : *« C’est le paradoxe ultime : vous payez un prix de luxe pour un PC qui sera obsolète dans deux ans... et que vous ne pourrez même pas améliorer. »*

L’alimentation Asus ROG Loki 1000W : quand le surdimensionnement devient une blague à 230 $

Si un composant cristallise l’absurdité économique de ce projet, c’est bien l’alimentation Asus ROG Loki 1000W Platinum. Pourquoi diantre choisir un bloc capable de délivrer 1000W pour un système qui n’en consomme que 400W en charge ? Parce que, encore une fois, les options mini-ITX sont limitées.

JayzTwoCents avoue lui-même que ce choix est un *« placeholder »* – une solution temporaire en attendant (peut-être) des blocs SFX-L plus adaptés. Résultat : 230 $ dépensés pour un composant dont 60 % de la capacité ne servira jamais. *« C’est comme acheter une Ferrari pour faire ses courses en ville »*, compare un internaute.

Ce gaspillage illustre un problème plus large : le marché des composants compacts est un désert. Les fabricants se concentrent sur les formats ATX standards, laissant les builders de mini-PC face à des choix cornéliens :

  • Soit payer très cher pour des pièces sur mesure (et souvent surdimensionnées).
  • Soit sacrifier la performance pour rester dans un budget raisonnable.
  • Soit abandonner l’idée d’un PC compact et opter pour un boîtier plus grand (et plus évolutif).

La Steam Machine était-elle condamnée dès le départ ?

Ce projet soulève une question fascinante : la Steam Machine de Valve était-elle une idée géniale, mal exécutée... ou simplement impossible à concrétiser ? En 2015, Valve avait imaginé un écosystème de PCs gaming standardisés, aussi simples à utiliser qu’une console mais aussi ouverts qu’un PC. Un rêve qui s’est heurté à plusieurs réalités :

1. Le prix : Même à l’époque, les partenariats avec Alienware, CyberPower ou Syber n’avaient pas permis de descendre sous les 500 $ pour une config décente. Aujourd’hui, avec l’inflation et la raréfaction des composants compacts, c’est encore pire.

2. La fragmentation : Contrairement aux consoles (où tous les joueurs ont la même machine), chaque Steam Machine avait des spécifications différentes. Un cauchemar pour les développeurs, obligés d’optimiser leurs jeux pour des dizaines de configurations.

3. L’évolutivité : Le principal argument du PC – sa capacité à être mis à niveau – était saboté par le format compact. Comme le montre le projet de JayzTwoCents, upgrader une Steam Machine revenait presque à en racheter une nouvelle.

Pourtant, l’idée n’était pas totalement folle. En témoigne le succès actuel des Steam Deck et autres ROG Ally : des machines portables qui reprennent une partie de la philosophie de la Steam Machine, mais en ciblant un public différent (le gaming nomade plutôt que le salon). *« Valve avait peut-être juste visé la mauvaise cible »*, estime un rediteur sur ResetEra.

Et si la solution était... de ne pas vouloir un PC compact ?

À l’issue de ce projet, JayzTwoCents tire une conclusion sans appel : *« Si vous voulez un PC gaming performant et évolutif, oubliiez le mini-ITX. »* Selon lui, le sweet spot se situe aujourd’hui dans les boîtiers micro-ATX (mATX), qui offrent un bien meilleur rapport :

  • Plus d’espace pour des cartes graphiques puissantes (jusqu’à 3 slots).
  • Meilleur refroidissement grâce à des ventilateurs plus grands.
  • Des alimentations standard (ATX), moins chères et plus fiables.
  • Une vraie évolutivité : possibilité de changer de GPU, d’ajouter des disques, etc.

Son exemple ? Un build mATX avec un Ryzen 7 7700X et une RTX 4070 Ti, pour un prix similaire (voire inférieur) à sa Steam Machine 2.0, mais avec des performances doublées et une bien meilleure longévité.

*« La leçon ici, c’est que la compacité a un prix... et ce prix, c’est souvent la performance ou le portefeuille. »*


Alors, la Steam Machine était-elle une erreur ? Pas forcément. Comme souvent dans la tech, certaines idées doivent mûrir avant de devenir viables. Peut-être qu’avec les progrès en refroidissement, en miniaturisation des composants et en standardisation, un vrai PC gaming compact et abordable verra le jour... dans cinq ou dix ans.

Le projet de JayzTwoCents prouve une chose : recréer une Steam Machine en 2024 relève du parcours du combattant. Entre un budget final proche des 2 000 €, des compromis techniques douloureux et une évolutivité quasi nulle, l’équation ne tient tout simplement pas. Pourtant, l’expérience n’est pas vaine. Elle rappelle que l’innovation a un coût – parfois littéralement. Pour les joueurs qui rêvent d’un PC gaming discret dans leur salon, les alternatives existent : une Steam Deck pour le portable, un boîtier mATX bien choisi pour un équilibre parfait entre compacité et performance, ou même une console next-gen si l’écosystème fermé ne fait pas peur. Quant à la Steam Machine, elle reste un symbole – celui d’une idée audacieuse, peut-être trop en avance sur son temps, mais qui continue d’inspirer.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"C'est comme si Valve avait décidé de faire un PC dans un boîtier de console, mais avec des composants qui coûtent plus cher que des briques de Lego. Le résultat ? Un prix prohibitif et des performances qui ne justifient pas le coût. Valve, tonton, tu nous fais une blague ?"
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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