Skim-Gaming logo

Tests & Critiques

Stranger Things : Classement des 5 saisons – Quelle est la meilleure ? (Spoilers !)
Tests & Critiques

Il y a 53 jours

Stranger Things : Classement des 5 saisons – Quelle est la meilleure ? (Spoilers !)

La saison 2 de Stranger Things : entre fulgurances et déséquilibres

Après un premier opus révolutionnaire, la saison 2 de Stranger Things tente de réinventer sa formule, avec des résultats contrastés. Malgré l’arrivée de personnages marquants comme Max et Billy, ou des scènes devenues cultes (le bal de Snow Ball, la mort déchirante de Bob Newby), l’intrigue principale autour du Mind Flayer peine à convaincre. Trop abstraite, mal exploitée, cette menace cosmique perd en crédibilité au fil des épisodes. Seul le final, Chapitre neuf : La Porte (9,3/10 sur IMDb), redonne un souffle épique à la saison, rappelant le génie des Duffer Brothers pour les climax haletants. Une année de transition, où la nostalgie des années 80 cède parfois le pas à des choix narratifs dispersés.

A retenir :

  • Max et Billy : des ajouts réussis qui dynamisent l’univers, mais Will Byers reste en retrait, victime d’un arc narratif répétitif.
  • Le Mind Flayer : un antagoniste visuellement sublime (inspiré de Cthulhu et de The Thing), mais dont la menace manque de concret, diluée dans des intrigues secondaires.
  • Chapitre neuf : La Porte : un final explosif (9,3/10 sur IMDb) qui sauve la saison, avec des enjeux enfin clairs et un rythme implacable.
  • Des scènes cultes (Snow Ball, la mort de Bob) qui compensent un équilibre narratif fragile, entre nostalgie et innovation.
  • Une saison charnière : les Duffer Brothers préparent l’avenir (la Russie, Eleven en fugitive), mais au prix d’une cohérence parfois sacrifiée.

Une saison 2 sous le signe de l’ambition… et de ses limites

Sortie en 2017, la saison 2 de Stranger Things avait une mission périlleuse : succéder à un premier opus déjà culte, qui avait redéfini les codes de la série nostalgique. Les frères Duffer choisissent alors une voie audacieuse : élargir l’univers, multiplier les personnages, et introduire une menace plus lovecraftienne avec le Mind Flayer. Mais cette ambition se heurte à un défi de taille : concilier profondeur narrative et rythme. Résultat ? Une saison à deux vitesses, où les moments de grâce côtoient des longueurs inattendues.

Dès le premier épisode, le ton est donné : Hawkins n’est plus la même. Un an après les événements de la saison 1, les personnages tentent de tourner la page. Will Byers, traumatisé par son séjour dans le Monde à l’envers, devient le cœur dramatique de la saison – mais son arc, bien que poignant, repose trop sur des répétitions (crises, visions, hospitalisation). À l’inverse, l’arrivée de Max (Sadie Sink) et de son frère Billy (Dacre Montgomery) injecte une énergie nouvelle, entre rébellion adolescente et tension familiale. Billy, en particulier, s’impose comme l’un des personnages les plus complexes de la série, oscillant entre violence et vulnérabilité. Pourtant, ces ajouts ne suffisent pas à masquer un problème structurel : le Mind Flayer, censé incarner la menace ultime, reste trop abstrait.


Comparé au Démogorgon de la saison 1 – créature tangible, terrifiante, aux règles claires –, le Mind Flayer peine à convaincre. Son design, inspiré des œuvres de H.P. Lovecraft et du The Thing de John Carpenter, est une réussite visuelle. Mais son modus operandi reste flou : pourquoi s’attaque-t-il à Will ? Comment contrôle-t-il les créatures du Monde à l’envers ? Les réponses, quand elles viennent, semblent improvisées. Steve Harrington (Joe Keery), pourtant excellent en "baby-sitter" improbable, résume bien le problème dans l’épisode 7 : "On dirait qu’on combat une ombre… mais une ombre qui nous pourrit la vie." Une métaphore involontairement juste.

Des intrigues secondaires qui volent la vedette (parfois pour de mauvaises raisons)

Si le fil rouge du Mind Flayer déçoit, c’est aussi parce que les intrigues secondaires, trop nombreuses, diluent l’attention. Prenez l’exemple de Eleven : son isolement dans les bois, sa quête pour retrouver Mike, et sa rencontre avec Kali (Linnea Berthelsen) et son groupe de "super-héros marginaux" auraient pu être fascinants. Pourtant, cet arc, bien que stylisé (les effets visuels lors des souvenirs de Kali sont superbes), semble découplé du reste de l’histoire. Les fans ont d’ailleurs été divisés : certains y ont vu une exploration nécessaire du trauma d’Eleven, d’autres une digression inutile.

À l’inverse, les moments centrés sur le groupe d’amis – Dustin, Lucas, Mike, et Will – brillent par leur authenticité. La scène du bal de Snow Ball, où Dustin danse avec Nancy avant de se faire "voler" par Steve, est un chef-d’œuvre d’écriture, mêlant humour et émotion. De même, la relation entre Steve et Dustin (surnommé "Dustbun" par le premier) devient l’une des plus attachantes de la série. Murray Bauman (Brett Gelman), le théoricien du complot excentrique, apporte aussi une touche de folie bienvenue. Pourtant, ces pépites ne suffisent pas à masquer un déséquilibre flagrant : trop de temps est consacré à des sous-intrigues qui n’avancent pas l’histoire principale.


Le cas de Bob Newby (Sean Astin) est emblématique. Ce personnage, aussi attachant soit-il, sert avant tout à donner un rôle à Winona Ryder (Joyce) et à créer un moment dramatique fort (sa mort dans l’épisode 8). Mais son intégration dans l’intrigue feels forcée, comme si les scénaristes avaient besoin d’un sacrifice pour relancer les enjeux. Un choix narratif discutable, d’autant que Bob méritait mieux qu’un rôle de "victime désignée".

"Chapitre neuf : La Porte" : quand la série retrouve son génie

Heureusement, la saison 2 se rattrape avec un final anthologique. Chapitre neuf : La Porte, noté 9,3/10 sur IMDb (46 800 votes), est un modèle du genre : rythme effréné, enjeux clairs, et une tension qui monte crescendo. La séquence où Eleven ferme la porte du Monde à l’envers, au prix de sa disparition apparente, est l’une des plus puissantes de la série. Les Duffer Brothers y déploient tout leur talent pour les set pieces : la course contre la montre pour sauver Will, le sacrifice de Bob, la danse de Eleven et Hopper dans le laboratoire… Chaque scène compte.

Ce final révèle aussi la force cachée de la saison 2 : sa capacité à réinventer les dynamiques entre personnages. Hopper, passé du shérif sceptique au père protecteur, brille particulièrement. Sa relation avec Eleven, entre tendresse et colère, est l’un des points forts de l’épisode. De même, la scène où Mike et Will se réconcilient dans la cabane, après des mois de tension, est d’une justesse rare. La saison 2 trouve enfin son équilibre : moins de nostalgie pure, plus de profondeur émotionnelle.


Pourtant, ce final soulève une question : pourquoi cette intensité n’a-t-elle pas été maintenue tout au long de la saison ? Les épisodes précédents, bien que riches en moments forts, souffrent d’un manque de direction claire. Le Mind Flayer, par exemple, n’est vraiment menaçant que dans les deux derniers épisodes. Avant cela, il ressemble davantage à une ombre maléfique qu’à un antagoniste crédible. Un gaspillage de potentiel, d’autant que la saison 3 prouvera plus tard que les Duffer Brothers savent écrire des méchants charismatiques (cf. Vecna).

Le bilan : une saison de transition, entre héritage et innovation

Alors, la saison 2 de Stranger Things est-elle une réussite ou un échec ? Ni l’un ni l’autre. C’est avant tout une saison de transition, où la série tente de se réinventer après un premier opus déjà parfait. Les ajouts – Max, Billy, Murray – sont globalement réussis, et certaines scènes (Snow Ball, le final) restent gravées dans les mémoires. Mais le déséquilibre narratif et le manque de cohérence du Mind Flayer empêchent la saison d’atteindre les sommets de la première.

Pourtant, cette saison 2 a un mérite souvent sous-estimé : elle pose les bases des saisons suivantes. Sans elle, pas de Billy possédé en saison 3, pas de relation complexe entre Eleven et Mike, pas de Hopper père adoptif. Les Duffer Brothers prennent des risques, certains payants (l’exploration du trauma), d’autres moins (le Mind Flayer sous-exploité). Mais c’est précisément cette audace imparfaite qui rend Stranger Things si humaine. Après tout, comme le dit Dustin dans l’épisode 5 : "Parfois, les trucs les plus bizarres finissent par avoir un sens… enfin, je crois."


Et vous, quel est votre avis ? La saison 2 est-elle sous-côtée, ou mérite-t-elle ses critiques ? Un point est sûr : sans elle, Stranger Things ne serait pas devenue la série phénomène qu’elle est aujourd’hui.

Derrière les coulisses : pourquoi le Mind Flayer a failli tout faire capoter

Saviez-vous que le Mind Flayer était initialement conçu comme une entité bienveillante ? Dans les premières versions du scénario, cette créature devait être une sorte de "guide" pour Will, l’aidant à comprendre ses pouvoirs. Mais les frères Duffer ont rapidement réalisé que cette approche diluait la tension – déjà problématique après le succès du Démogorgon. Ils ont donc opté pour un virage à 180 degrés : le Mind Flayer deviendrait une menace cosmique et implacable.

Problème : le temps manquait. La post-production de la saison 2 a été extêmement tendue, avec des effets spéciaux finalisés seulement quelques semaines avant la sortie. Résultat, certaines scènes clés (comme la possession de Will dans l’épisode 8) ont dû être retravaillées en urgence. Shannon Woodward, qui joue Robin à partir de la saison 3, a d’ailleurs révélé dans une interview : "Les Duffer m’ont dit que la saison 2 était leur ‘bête noire’. Ils savaient qu’ils avaient des idées géniales, mais pas assez de temps pour tout polir."

Autre anecdote révélatrice : le design du Mind Flayer a changé trois fois pendant la production. À l’origine, il devait ressembler à une pieuvre géante, avant d’évoluer vers une forme plus nuageuse, puis vers le mélange final entre araignée et fumée noire. Ces hésitations expliquent pourquoi certains fans ont trouvé l’antagoniste trop abstrait – il l’était, littéralement, jusqu’au dernier moment !

La saison 2 de Stranger Things reste un ovni dans la série : moins aboutie que la première, mais indispensable pour comprendre la suite. Ses défauts – un Mind Flayer mal exploité, des intrigues secondaires parfois superflues – sont contrebalancés par des moments inoubliables (Snow Ball, le final haletant) et des personnages qui gagnent en profondeur. Max, Billy, et même Steve y trouvent leur place, prouvant que la série sait se renouveler. Une saison imparfaite, mais passionnante – à l’image de ses héros, qui apprennent à grandir dans le chaos.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Cette saison 2, c’est comme un Resident Evil 2 sur PS1 : les idées sont là, le gameplay est solide, mais le bug du "monstre qui disparaît quand tu le regardes trop longtemps" gâche tout. Le Mind Flayer, c’est le boss final qui se cache derrière un rideau en disant "T’as pas vu, je suis pas là !" pendant 8 épisodes. Dommage, parce que les Duffer ont le talent pour faire vibrer, comme dans le final où Eleven ferme la porte, là, c’est du Silent Hill pur jus, et ça marche. Max et Billy sauvent la mise, comme les Golden Axe de l’époque : des personnages qui apportent du punch sans pour autant casser l’ambiance. Mais Bob Newby ? Un sacrifice de plus pour faire avancer l’intrigue, comme les PNJ dans Final Fantasy qui meurent pour que tu puisses enfin débloquer le niveau suivant. Un peu frustrant, mais bon, au moins on a eu droit à un final qui claque, même si ça arrive toujours trop tard, comme quand tu réalises que ton personnage a 99% de PV à la fin du donjon.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

Ils en parlent aussi

thumbnail

Critique série : "Stranger Things" des frères Duffer, le grand final d'une série qui a marqué une époque | France Culture

www.radiofrance.fr

Dernière ligne droite pour "Stranger Things". Avec une saison 5 très attendue et diffusée en trois parties, les frères Duffer, créateurs de la série, promettent une conclusion résolument épique à la saga qui a marqué toute une génération de spectateurs.

thumbnail

Stranger Things saison 5 : on sait enfin quel film ces personnages ont pu voir au cinéma à la fin - Numerama

www.numerama.com

Alors que la série Netflix vient de tirer sa révérence, avec un ultime épisode dévoilé le 1er janvier 2026, quelques questions restent sans réponse. Parmi elles, se trouve un détail qui a pourtant toute son importance : la séance de cinéma qui réunit deux personnages en particulier.

thumbnail

Stranger Things : pourquoi le dernier épisode est la meilleure fin possible pour la série Netflix | GQ France

www.gqmagazine.fr

Stranger Things est officiellement terminée et Netflix a conclu l'histoire d'Hawkins avec un épisode épique, palpitant et étonnamment humain.

thumbnail

Stranger Things saison 5 : J'ai été déçu par le grand final de la série Netflix et il y a une raison scientifique à ça ! - jeuxvideo.com

www.jeuxvideo.com

La saison 5 de Stranger Things n'est clairement pas du goût de tout le monde. Les fans sont colère et le font savoir sur les réseaux sociaux. Pourtant, il ne pouvait en être autrement. Je fus déçu par le grand final de la série Netflix et il y a une raison scientifique à ce ressenti.