Il y a 44 jours
Styx: Blades of Greed – Ce gobelin sarcastique qui m’a fait redécouvrir le plaisir du stealth (et 2 jeux gratuits à l’essai !)
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Pourquoi ce gobelin acariâtre et son univers cynique pourraient bien vous réconcilier avec les jeux d’infiltration ?
A retenir :
- Une démo gratuite sur Steam qui prouve que le stealth peut être drôle, nerveux et profond – même pour les réfractaires au genre.
- Un univers fantasy sombre inspiré de Warhammer, où orques et goblins deviennent les "gentils" face à une corruption généralisée.
- Un gameplay furtif ultra-varié : empoisonnements, clonage, pouvoirs de quartz… mais des limites techniques qui rappellent les anciens opus.
- Un gobelin anti-héros au doublage savoureux, entre répliques cinglantes et ego surdimensionné – un personnage aussi détestable qu’attachant.
- Deux jeux gratuits à découvrir en parallèle : Styx: Master of Shadows (à garder) et Styx: Shards of Darkness (en essai jusqu’au 23 septembre 2024).
- Un mélange rare : humour noir, écriture audacieuse et infiltration tactique, malgré des angles de caméra capricieux et un parkour perfectible.
Il y a des rencontres qui vous prennent par surprise. Celle avec Styx: Blades of Greed, c’est un peu comme tomber sur un gobelin bourru dans une taverne crasseuse : au premier abord, on a envie de l’éviter, puis il vous lance une vanne si bien placée que vous finissez par lui payer une tournée. La démo jouable disponible sur Steam a eu cet effet sur moi – et pourtant, je fais partie de ces joueurs qui, habituellement, fuient les jeux d’infiltration comme la peste. Trop lents, trop punitifs, trop… méthodiques. Pourtant, ce petit être vert, aussi fragile qu’irrésistible, a réussi là où des dizaines de Hitman et Dishonored avaient échoué : me faire adorer le fait de ramper dans l’ombre.
"Un univers où même les méchants ont des principes (enfin, presque)"
Oubliez les elfes lumineux et les héros sans tache. Styx: Blades of Greed nous plonge dans un monde fantasy sombre, où la morale est une notion aussi floue que la vue d’un gobelin myope. L’univers, proche de celui de Warhammer (avec son mélange de satire et de noirceur), a ce don rare : rendre les "méchants" traditionnels – orques, goblins et autres créatures difformes – presque sympathiques. Pas parce qu’ils sont gentils, non : simplement parce que tout le reste est encore pire.
Les humains ? Corrompus jusqu’à la moelle. Les elfes ? Hypocrites et arrogants. Quant à Styx, notre anti-héros préféré, il est trop occupé à se moquer de tout le monde (lui-même inclus) pour prétendre sauver le monde. Son seul objectif ? Survivre, voler, et accessoirement, se venger. Une approche rafraîchissante, loin des quêtes épiques où il faut "sauver la princesse" ou "détrôner le seigneur démoniaque". Ici, on est dans le realpolitik version gobelin : chacun pour sa peau, et tant pis pour les autres.
Ce qui frappe, c’est à quel point cet univers cohérent dans sa laideur renforce l’immersion. Les décors, entre ruelles puantes et donjons humides, regorgent de détails qui racontent des histoires : un cadavre pendu ici, une lettre de chantage là, des graffitis insultants sur les murs. Même les PNJ ont des dialogues qui sonnent vrai – ou du moins, vraisemblables dans ce monde de brutes et de manipulateurs.
"Styx, ou l’art de être un connard attachant"
Parlons-en, de ce gobelin. Styx n’est pas un héros. Ce n’est même pas un anti-héros classique, du genre "je suis méchant mais j’ai un bon fond". Non, c’est un égoïste assumé, un voleur sans scrupules, un lâche qui préfère fuir que combattre… et c’est exactement ce qui le rend génial. Son humour noir, ses répliques cinglantes ("Ah, encore un humain qui croit que sa vie a de la valeur…"), son doublage français impeccable (un vrai plus) en font un personnage inoubliable.
Et puis, il y a cette fragilité qui le rend humain (enfin, gobelin). Un coup d’épée, une chute malencontreuse, et c’est la mort. Pas de health bar interminable, pas de seconde chance : si vous vous faites repérer, vous êtes bon pour recharger la sauvegarde. Une mécanique qui force à la prudence, mais qui, contre toute attente, renforce l’immersion. Quand Styx tremble en entendant des pas approcher, vous, vous tremblez aussi.
Petit détail qui a son importance : le personnage évolue. Pas physiquement (il reste aussi laid qu’au début), mais dans sa façon de parler, de réagir. Ses commentaires changent selon les situations, et on sent qu’il a une vraie personnalité – ce qui est rare pour un protagoniste de jeu vidéo. Même quand il insulte le joueur après une mort stupide ("Tu crois que c’est un jeu de plateforme, peut-être ?"), on ne peut s’empêcher de sourire.
"Du stealth, mais pas que : un gameplay qui ose varier (malgré les bugs)"
Si Styx: Blades of Greed se revendique comme un jeu d’infiltration, il ne se contente pas de vous faire cacher dans les buissons. Le titre mise sur un arsenal de compétences qui permettent d’aborder chaque situation de multiples façons :
- L’empoisonnement : glissez du poison dans une coupe de vin, et regardez un garde s’effondrer en maudissant son dernier repas.
- Le clonage : créez un double de vous-même pour distraire les ennemis (ou leur faire croire à une crise de schizophrénie collective).
- Les pouvoirs de quartz : une nouveauté qui permet, par exemple, de contrôler un ennemi à distance ou de se téléporter discrètement.
- Le parkour : parce que parfois, fuir en courant sur les toits est tout simplement plus drôle.
Le problème ? La prise en main n’est pas toujours fluide. Les angles de caméra peuvent jouer des tours, surtout dans les phases de plateforme, et les mouvements en parkour manquent parfois de précision. Un héritage des précédents opus (Styx: Master of Shadows et Styx: Shards of Darkness) que les développeurs de Cyanide Studio n’ont pas encore tout à fait corrigé. Dommage, car quand ça marche, c’est extrêmement satisfaisant.
Autre point faible : l’IA des ennemis. Certains gardes ont des réflexes de lynx, tandis que d’autres semblent sourds et aveugles. Une inégalité qui peut casser le rythme, surtout dans les niveaux où la discrétion est cruciale. Malgré tout, le système de sauvegarde manuelle (un must dans un jeu de stealth) permet de limiter la frustration.
"Deux jeux gratuits pour (re)découvrir la série"
Cerise sur le gâteau : pour célébrer la sortie de la démo, Cyanide Studio offre deux jeux gratuits (jusqu’au 23 septembre 2024) :
- Styx: Master of Shadows (2014) : à garder définitivement dans votre bibliothèque Steam. Un bon moyen de découvrir les origines du gobelin.
- Styx: Shards of Darkness (2017) : en essai gratuit pendant la période. Moins abouti que le premier, mais intéressant pour voir l’évolution de la série.
Une aubaine pour les nouveaux venus, et une occasion en or de se faire une idée avant l’arrivée de Blades of Greed (prévue pour décembre 2024). À noter que la démo propose un niveau inédit, spécialement conçu pour donner un avant-goût du jeu final – et franchement, ça donne très envie.
"Pourquoi ce jeu pourrait bien vous surprendre (même si vous détestez le stealth)"
Je vais être honnête : si vous êtes allergique aux jeux où il faut attendre, observer et planifier, Styx: Blades of Greed ne vous convertira peut-être pas. En revanche, si vous êtes prêt à accepter ses règles, vous découvrirez une expérience unique, où :
- L’humour désacralise le genre, sans jamais tomber dans la parodie.
- La variété des approches (furtive, agressive, ou même "sociale" avec les pouvoirs de quartz) évite la lassitude.
- L’univers est assez riche pour donner envie d’explorer chaque recoin.
- Le défis est réel, mais jamais injuste (grâce aux sauvegardes manuelles).
Et puis, il y a ce petit quelque chose qui fait que, malgré ses défauts, on pardonnerait presque tout à ce jeu. Peut-être parce que Styx, avec son cynisme et sa vulnérabilité, nous rappelle que même dans un monde pourri, on peut s’amuser comme un fou… à condition de ne pas se faire prendre.
La démo de Styx: Blades of Greed est une révélation : celle qu’un jeu de stealth peut être drôle, nerveux et profond, sans sacrifier la tension qui fait le sel du genre. Entre un gobelin aussi haïssable qu’attachant, un univers fantasy sombre qui n’a rien à envier à Warhammer, et un gameplay varié (malgré des limites techniques), le titre de Cyanide Studio prouve qu’il y a encore de la place pour l’innovation dans l’infiltration.
Et avec deux jeux gratuits à essayer en parallèle, il n’y a plus aucune excuse pour ne pas donner sa chance à ce gobelin sarcastique. À condition, bien sûr, d’accepter de jouer le jeu : patience, ruse, et une bonne dose d’humour noir. Parce qu’au fond, comme le dirait Styx lui-même : "Si tu veux survivre ici, mieux vaut être malin… ou très, très chanceux."

