Il y a 49 jours
Super Mario 64 : 70 joueurs en relais pour un speedrun historique à 70 étoiles !
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Un exploit collectif inouï pour les 30 ans de Super Mario 64 : 70 speedrunners ont enchaîné les glitchs légendaires du jeu en relais pour boucler 70 étoiles en moins de 2 heures lors de l’Awesome Games Done Quick. Entre synchronisation parfaite, techniques héritées de 27 ans de speedrunning et innovations modding, cet événement caritatif prouve que le chef-d’œuvre de Shigeru Miyamoto reste un terrain de jeu infini – même à l’ère des jeux modernes.
A retenir :
- 70 joueurs, 1 manette, 0 erreur : Un relais sans faille pour achever 70 étoiles en 1h58, un temps proche des records solo, malgré les contraintes logistiques.
- Glitchs mythiques enchaînés : Backwards Long Jump, Triple Jump Cancel et autres techniques interdites en temps normal, maîtrisées à la perfection.
- Niveaux pièges domptés : Rainbow Ride et Tall, Tall Mountain négociés avec une précision millimétrique, comme une chorégraphie bien huilée.
- L’héritage modding : De l’intégration de Minecraft dans une cartouche N64 aux portes scellées ouvertes après 27 ans, le jeu défie toujours les limites techniques.
- Comparaisons historiques : Un relais aussi ambitieux que ceux de The Legend of Zelda: Ocarina of Time, mais avec une difficulté mécanique inédite pour un jeu de plateforme.
Quand le speedrun devient une œuvre collective
Imaginez : 70 joueurs, une seule manette, et l’objectif fou de terminer Super Mario 64 – un jeu conçu pour le solo – en moins de deux heures, avec 70 étoiles à collecter. C’est le défi relevé lors de l’Awesome Games Done Quick (AGDQ) 2024, un événement caritatif qui célèbre chaque année l’art du speedrun. Pour les 30 ans du titre de Shigeru Miyamoto, la communauté a transformé l’essai en une performance chorégraphiée, où chaque transition entre joueurs ressemblait à un passage de relais olympique. 1h58 plus tard, le générique défilait, scellant un exploit qui marque l’histoire du speedrunning.
Pour comprendre l’ampleur du challenge, il faut rappeler que Super Mario 64 n’a jamais été conçu pour le multijoueur. Les mécaniques de mouvement, les sauts millimétrés et les glitchs exploités ici – comme le célèbre Backwards Long Jump (un saut arrière qui propulse Mario à une vitesse anormale) – demandent une précision chirurgicale. Pourtant, l’équipe a enchaîné les segments sans la moindre erreur fatale, comme si chaque joueur avait le jeu tatoué dans les doigts. "C’était comme diriger un orchestre où chaque musicien joue une note parfaite, mais où la partition change toutes les 30 secondes", confie Puncayshun, l’un des organisateurs de l’AGDQ.
Le plus impressionnant ? Le temps final de 1h58 frôle les records des speedruns solo, qui oscillent généralement entre 1h30 et 1h45. Une prouesse quand on sait que chaque transition entre joueurs ajoutait une contrainte logistique : synchronisation des saves, gestion du stress, et adaptation instantanée aux styles de jeu différents. Certains passages, comme Rainbow Ride (un niveau sur une plateforme mouvante) ou Tall, Tall Mountain (avec ses sauts périlleux entre les piliers), sont réputés pour briser les nerfs des speedrunners en solo. Les voir maîtrisés en relais relève du miracle.
Derrière l’exploit : l’héritage technique de Super Mario 64
Ce relais s’inscrit dans une lignée de défis toujours plus fous autour de Super Mario 64. En 2023, des joueurs avaient déjà marqué l’histoire en réalisant un 1-Up trick (une technique pour gagner une vie supplémentaire) jugé impossible pendant des décennies. D’autres avaient ouvert une porte scellée depuis 1996 grâce à des manipulations de mémoire, prouvant que le jeu cache encore des secrets après 27 ans. "C’est comme si on découvrait une pièce secrète dans la Joconde", compare Kaze Emanuar, un moddeur renommé de la scène N64.
Mais l’innovation ne s’arrête pas aux glitchs. Récemments, un moddeur a intégré Minecraft dans une cartouche N64 modifiée, permettant de jouer au jeu de Mojang… directement depuis Super Mario 64. Un exploit technique qui rappelle l’esprit des mods de Doom (1993), mais avec une complexité accrue : l’architecture du Nintendo 64, avec ses limitations matérielles, rend chaque bidouille un casse-tête. "Le N64 a une mémoire si particulière que chaque modification ressemble à une équation mathématique", explique Simon, un autre moddeur impliqué dans le projet.
Pendant ce temps, d’autres speedrunners continuent de repousser les limites. Lors du même AGDQ, un coureur a bouclé la catégorie All ? Panels de Mario Kart 64 en moins de 30 minutes, un temps inédit. Preuve que l’ADN compétitif des jeux Nintendo des années 90 reste intact, même à l’ère des jeux en open-world et des graphismes 4K. Super Mario 64, avec ses polygones anguleux et ses mécaniques apparemment simples, reste un laboratoire à ciel ouvert pour les passionnés.
Le relais ultime : une chorégraphie sous haute tension
Pour comprendre la difficulté de ce relais, il faut plonger dans les coulisses de l’organisation. Chaque joueur avait 30 secondes pour s’adapter à la position de Mario, aux étoiles déjà collectées, et au style de son prédécesseur. "Certains préfèrent les glitchs agressifs, d’autres une approche plus fluide. Il fallait tout harmoniser", raconte Cheese, l’un des participants. Les niveaux les plus redoutés, comme Tick Tock Clock (où les engrenages bougent en temps réel) ou Snowman’s Land (avec ses plates-formes glissantes), ont été attribués aux joueurs les plus expérimentés.
La synchronisation était telle que certains spectateurs ont cru à un montage. Pourtant, tout était bien réel, diffusé en direct sur Twitch avec des milliers de viewers. "Quand Mario a atterri sur le dernier étoile de Bowser, j’ai eu des frissons. C’était comme assister à un concert où chaque note compte", témoigne Lena, une spectatrice régulière de l’AGDQ. L’émotion était d’autant plus forte que l’événement était caritatif : les dons ont afflué tout au long du stream, rappelant que le speedrunning peut aussi être un vecteur de solidarité.
Pour les sceptiques, un tel exploit peut sembler trop beau pour être vrai. Pourtant, les archives de l’AGDQ et les replays disponibles sur YouTube confirment chaque détail. "Certains pensent que c’est truqué, mais en réalité, c’est juste le résultat de milliers d’heures d’entraînement individuel et d’une préparation collective sans faille", répond Puncayshun aux détracteurs. D’ailleurs, des relais similaires ont déjà été tentés sur d’autres jeux, comme The Legend of Zelda: Ocarina of Time, mais jamais avec une difficulté mécanique aussi élevée que celle de Super Mario 64.
Pourquoi Super Mario 64 reste un monument intouchable
Alors que les jeux modernes misent sur le réalisme et les mondes ouverts, Super Mario 64 rappelle que la simplicité apparente peut cacher une profondeur insoupçonnée. Son moteur physique, ses bugs exploitables et sa structure non-linéaire en font un terrain de jeu idéal pour les speedrunners. "C’est comme un cube Rubik : les règles sont simples, mais les combinaisons sont infinies", résume Kaze Emanuar.
L’exploit du relais à 70 joueurs n’est que la dernière preuve de cette pérennité. Entre les mods qui transforment le jeu en une toile blanche pour créateurs, les glitchs qui défient la logique, et une communauté toujours active, Super Mario 64 est bien plus qu’un classique : c’est une œuvre vivante, qui continue d’inspirer, de surprendre et de repousser ses propres limites. Et si ce relais historique a bien montré une chose, c’est que même après 30 ans, le plombier moustachu n’a pas fini de nous émerveiller.

