Il y a 63 jours
Sword and Fairy 4 : Le remake chinois qui défie l’ombre de Clair Obscur – Hommage ou copie ratée ?
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Un remake chinois dans l’ombre d’un géant : Sword and Fairy 4 face à Clair Obscur
En 2025, Clair Obscur: Expedition 33 a révolutionné les RPG avec son mélange audacieux de combats au tour par tour et d’actions en temps réel, porté par une direction artistique époustouflante sous Unreal Engine 5. Un an plus tard, le remake de Sword and Fairy 4 débarque avec des mécaniques étrangement similaires, déclenchant une polémique : s’agit-il d’un hommage légitime ou d’une tentative désespérée de surfer sur le succès d’Ex33 ?
Entre un moteur graphique moins ambitieux (Unity), des animations de parade critiquées et un public cible majoritairement asiatique, ce projet divise. Certains y voient une évolution naturelle pour cette licence chinoise vieillissante, tandis que d’autres dénoncent un "Ex33-Like" sans âme. Une chose est sûre : le jeu devra prouver qu’il a plus à offrir qu’une pâle imitation pour sortir de l’ombre du chef-d’œuvre de 2025.
A retenir :
- Clair Obscur: Expedition 33 a marqué 2025 en redéfinissant les RPG avec ses combats hybrides et son esthétique UE5, devenant une référence instantanée.
- Le remake de Sword and Fairy 4 (décembre 2025) suscite la polémique pour ses similitudes frappantes avec Ex33 : angles de caméra, système de parade en temps réel et interface de combat quasi identiques.
- Contrairement à son "modèle", le jeu chinois utilise Unity au lieu d’Unreal Engine 5, un choix technique qui limite ses ambitions visuelles mais pourrait fluidifier l’expérience sur des configurations modestes.
- Les précommandes sur Steam révèlent un public à 88 % asiatique, suggérant une cible différente des fans occidentaux d’Expedition 33 – mais l’étiquette "Ex33-Like" pourrait lui attirer une attention inattendue.
- Le débat fait rage : hommage légitime (la série existe depuis 2007) ou opportunisme (un remake trop inspiré) ? Les premiers tests de gameplay, fuités en ligne, montrent des animations moins fluides mais un système de sorts en temps réel plus abouti.
2025 : L’année où Clair Obscur a tout changé
Il suffit de prononcer Expedition 33 pour que les yeux des amateurs de RPG s’illuminent. Sorti début 2025, Clair Obscur a marqué un tournant dans l’histoire du genre. Imaginez : des combats au tour par tour enrichis d’actions en temps réel, où chaque parade, chaque esquive, compte autant que le choix de vos sorts. Ajoutez à cela une direction artistique à couper le souffle, poussée par les capacités d’Unreal Engine 5, et une bande-son qui hante encore les playlists des joueurs des mois après sa sortie. Le résultat ? Un jeu acclamé par la critique, couronné de récompenses, et surtout, un phénomène culturel.
Pourtant, derrière ce succès fulgurant se cache une vérité plus nuancée : Clair Obscur lui-même s’inspirait de géants comme Persona ou Super Mario RPG. Une alchimie parfaite entre innovation et hommage, qui a laissé un vide difficile à combler. Les joueurs attendaient la suite… mais c’est un autre titre qui pourrait bien occuper l’espace : le remake de Sword and Fairy 4.
"Parry-Slop" : Quand l’inspiration vire à la polémique
Le 29 décembre 2025, la toile s’embrase. Le trailer du remake de Sword and Fairy 4 vient de tomber, et les réactions sont… mitigées. La série chinoise, forte de neuf opus principaux et d’une dizaine de spin-offs depuis 2007, n’est pas une inconnue. Mais cette fois, c’est différent. Les combats hybrides, mélange de tours par tours et d’actions en temps réel, rappellent trop ceux de Clair Obscur. Les angles de caméra ? Identiques. L’interface de combat ? Presque copiée. Le système de parade en temps réel, nouveauté pour la licence ? Un calque de ce qui a fait le succès d’Ex33.
Sur les réseaux, les moqueries fusent. Certains parlent déjà de "Parry-Slop" (un jeu de mots entre "parry", la parade, et "slop", la bouillie), accusant les développeurs de Softstar Entertainment de surfer sur une tendance sans apporter de réelle originalité. D’autres, plus indulgents, rappellent que Clair Obscur lui-même devait beaucoup à ses aînés. "Tout jeu s’inspire de quelque chose. La question, c’est : qu’est-ce que Sword and Fairy 4 en fait ?", souligne Thomas V., rédacteur pour JeuxVideo.com.
Un détail technique attise les débats : le moteur. Là où Expedition 33 carbure à l’Unreal Engine 5 pour des graphismes à couper le souffle, le remake chinois se contente d’une version modifiée d’Unity. Moins gourmand, certes, mais aussi moins capable de rivaliser en termes de photoréalisme. "C’est comme si on comparait un film en IMAX à une série Netflix en 1080p", résume un utilisateur sur Reddit. Les fuites de gameplay confirment ces craintes : les animations de parade manquent de fluidité, et les textures semblent datées. Pourtant, un point positif ressort : la gestion des sorts en temps réel, plus poussée que chez Ex33, rappelle les racines JRPG de la série.
Derrière les mécaniques : Une franchise à la croisée des chemins
Pour comprendre pourquoi ce remake divise autant, il faut remonter aux origines de Sword and Fairy. Né en 1995 sous le nom 《仙剑奇侠传》 (littéralement "L’Épée Immortelle et le Chevalier Errant"), le premier opus était un RPG 2D classique, inspiré par les légendes chinoises et les wuxia (romans de cape et d’épée). La série a évolué avec son temps, passant à la 3D dans les années 2000, mais sans jamais percer en Occident. En Chine, en revanche, c’est une institution.
"Sword and Fairy, c’est un peu notre Final Fantasy", explique Li Wei, journaliste pour GameRes. "Chaque nouvel opus est un événement, même si les mécaniques vieillissent. Ce remake, c’est leur façon de moderniser la licence sans tout casser." Problème : en voulant séduire les jeunes joueurs chinois, habitués aux standards de Genshin Impact ou Honkai: Star Rail, les développeurs ont peut-être trop regardé vers l’Ouest. Et surtout vers Clair Obscur.
Les chiffres des précommandes sur Steam sont éloquents : 88 % des réservations viennent d’Asie (Chine, Taïwan, Hong Kong), contre seulement 12 % pour l’Europe et l’Amérique du Nord. "Ils ne visent pas nos joueurs, alors pourquoi s’inquiéter ?", tempère un modérateur sur le subreddit r/JRPG. Pourtant, l’étiquette "Ex33-Like" colle déjà au jeu, et pourrait bien lui offrir une visibilité inattendue… pour le meilleur ou pour le pire.
Le test ultime : Peut-on aimer Sword and Fairy 4 sans comparer à Clair Obscur ?
Voilà la vraie question. Si l’on met de côté la polémique, que reste-t-il ? Un RPG chinois ambitieux, avec :
- Un système de combat hybride qui, malgré ses emprunts, propose une gestion des sorts en temps réel plus tactique que chez Ex33.
- Une narration ancrée dans le folklore chinois, avec des thèmes comme l’immortalité, les démons-renards (huli jing), et des quêtes secondaires inspirées des classiques de la littérature asiatique.
- Une bande-son orchestrale, composée par Zhan Yi, qui mélange instruments traditionnels (comme le guzheng) et arrangements modernes.
- Un mode "héritage", permettant de jouer avec les mécaniques des anciens opus (combats 100 % au tour par tour, sans parades en temps réel).
Pour Marie L., testeur pour Canard PC, "c’est un jeu qui a du mérite, mais qui arrive au mauvais moment. Sans Clair Obscur, on en parlerait comme d’une évolution intéressante. Là, c’est comme si un groupe sortait un album qui ressemble trop à Daft Punk en 2024…"
Les premiers retours des bêta-testeurs (via le forum TapTap) sont partagés :
- Points forts : L’histoire, fidèle à l’original de 2007, plaît aux fans. Le système de crafting d’armes, inspiré des wuxia, est salué pour sa profondeur.
- Points faibles : Les temps de chargement (liés à Unity), les animations "boîteuses" en combat, et une IA parfois trop prévisible.
L’effet papillon : Et si Sword and Fairy 4 changeait tout ?
Ironie du sort : en voulant moderniser leur franchise, les développeurs de Softstar ont peut-être involontairement créé un nouveau sous-genre. Déjà, des rumeurs parlent d’un "Sword and Fairy: Expedition" (titre provisoire), un spin-off qui pousserait encore plus loin les mécaniques hybrides. "Si ce remake marche, même modestement, ça pourrait encourager d’autres studios asiatiques à innover dans les RPG", analyse Julien Chièze, spécialiste des jeux chinois.
Et puis, il y a l’effet Clair Obscur. Le jeu de 2025 a prouvé qu’il existait un marché pour des RPG ambitieux, loin des formules éculées. Si Sword and Fairy 4 parvient à trouver son public – même niche –, cela pourrait inciter les éditeurs occidentaux à regarder du côté de l’Asie pour de nouvelles idées. "Après tout, Genshin Impact a bien ouvert les yeux de beaucoup sur le potentiel des jeux chinois", rappelle Chièze.
Reste une inconnue : la date de sortie. Annoncée pour "2026" sans plus de précisions, elle pourrait tout changer. Si le jeu sort avant la suite de Clair Obscur (prévue pour fin 2026), il bénéficiera d’un créneau libre. Sinon, il risque de se faire écraser. "C’est un peu comme sortir un film de super-héros la même semaine qu’Avengers…", résume un développeur anonyme.
Au final, Sword and Fairy 4 est bien plus qu’un simple "clone" de Clair Obscur – même si les similitudes sautent aux yeux. C’est un remake audacieux, pris entre deux feux : celui des puristes qui veulent préserver l’âme d’une franchise culte en Chine, et celui des joueurs occidentaux en quête de la prochaine révolution RPG. Son vrai défi ? Exister par lui-même.
Si les développeurs parviennent à peaufiner les animations, à optimiser Unity pour réduire les temps de chargement, et à mettre en avant ce qui fait l’identité de la série (son lore, sa musique, son système de crafting), alors oui, ce jeu pourrait surprendre. Sinon, il restera dans l’histoire comme "celui qui a osé défier Expedition 33… et a perdu".
Une chose est sûre : en 2026, les RPG hybrides seront sous les projecteurs. Et cette fois, ce ne sera pas seulement grâce à Clair Obscur.

