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The Huns Esports recrute **controlez** : le sniper mongol qui veut bousculer l’Asie en CS2
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Il y a 55 jours

The Huns Esports recrute **controlez** : le sniper mongol qui veut bousculer l’Asie en CS2

Pourquoi ce recrutement pourrait tout changer pour l’esport mongol

En signant Unudelger "controlez" Baasanjargal, The Huns Esports ne se contente pas d’ajouter un joueur expérimenté à son roster 100% mongol – l’organisation mise sur un sniper capable de rivaliser avec les géants asiatiques. Avec un palmarès incluant un top 6 à l’IEM Chengdu 2025 et des performances en LAN qui ont marqué les esprits (rating 2.0 en pic de forme), controlez incarne l’ambition d’une équipe déterminée à décrocher une place au Major d’IEM Cologne. Mais entre la domination chinoise de TYLOO et la concurrence coréenne, le chemin s’annonce semé d’embûches. Décryptage d’une stratégie audacieuse, entre calcul statistique et pari humain.

A retenir :

  • Un recrutement stratégique : controlez (28 ans, 1,18 d’impact en 2025) rejoint The Huns pour former un roster 100% mongol, après le départ de cobrazera vers The MongolZ.
  • Un palmarès qui impressionne : 6ᵉ à l’IEM Chengdu 2025, top 8 au Major de Budapest (StarLadder) et au BLAST Rivals Fall 2025 – des résultats rares pour une équipe non-chinoise en Asie.
  • Objectif 2026 : qualifier le Major via les Zhi-Tech Elite Masters (300 000 CNY en jeu) et l’Asian Champions League, avec un classement VRS à améliorer (68ᵉ actuellement).
  • Un défi de taille : affronter les ogres TYLOO (Chine) et les équipes coréennes dans un écosystème où les Mongols peinent à percer.
  • Le secret de controlez : son expérience des LAN asiatiques et sa capacité à renverser des matchs serrés (ex : rating 2.0 en 2025).

Un coup de maître ou un pari risqué ? Le recrutement qui fait parler l’Asie

Le 6 janvier 2026, The Huns Esports a officialisé un transfert qui a immédiatement fait réagir la scène asiatique : l’arrivée de Unudelger "controlez" Baasanjargal, 28 ans, considéré comme l’un des meilleurs AWPer mongols de l’histoire. Ce n’est pas un hasard si l’annonce a été accompagnée du hashtag #MongolianPower – l’organisation assume pleinement son identité, après avoir perdu son dernier joueur non-mongol, Anarbileg "cobrazera" Uuganbayar, parti chez The MongolZ en décembre 2025.

Mais pourquoi ce choix ? Contrairement à une idée reçue, controlez n’est pas un jeune prodige : il évolue au plus haut niveau depuis 2017, avec des passages chez Chinggis Warriors, Checkmate, et surtout The MongolZ, où il a explosé en 2025. Son profil ? Un sniper froid et calculateur, capable de prendre des duels clés sous pression – une qualité rare dans une région où les équipes misent souvent sur la vitesse pure.

Pour Battulga "Tugs" Tuguldur, manager de The Huns, le calcul est simple : Nous avions besoin d’un joueur capable de stabiliser notre jeu en attaque et de faire la différence en 1v1. controlez a prouvé qu’il pouvait le faire contre les meilleures équipes asiatiques, pas seulement en ligne, mais en LAN. C’est ça qui a fait la différence. Une déclaration qui en dit long sur les ambitions du club.


2025, l’année où controlez a marqué l’histoire du CS mongol

Si The Huns mise autant sur lui, c’est parce que 2025 a été l’année de sa consécration. Avec The MongolZ, controlez a enchaîné les performances :

  • 6ᵉ place à l’IEM Chengdu (février 2025) – un résultat historique pour une équipe mongole, face à des ogres comme FaZe Clan ou G2.
  • Top 8 au BLAST Rivals Fall 2025, où il a terminé avec un rating de 1.32 malgré l’élimination.
  • Top 8 au Major de Budapest (StarLadder), avec un pic à rating 2.0 lors de la phase de groupes.

Des statistiques qui parlent d’elles-mêmes : selon HLTV, son impact moyen en 2025 était de 1.18, un chiffre exceptionnel pour un joueur évoluant dans une équipe non classée dans le top 30 mondial. Mais ce qui impressionne surtout, c’est sa capacité à performer en LAN – un atout crucial alors que The Huns va enchaîner les tournois physiques en 2026.

Pourtant, tous les observateurs ne sont pas convaincus. Lee "Infinite" Won-jun, analyste coréen pour Dust2.us, tempère : controlez est un excellent joueur, mais The Huns manque de profondeur tactique. En Asie, les équipes chinoises et coréennes ont des stratégies ultra-précises et des entraînements militarisés. Un seul joueur, même talentueux, ne peut pas tout changer. Un avis partagé par une partie de la communauté, qui souligne le manque de résultats récents de The Huns (aucune qualification en Major depuis 2023).


"La route vers Cologne passe par la Chine" : le plan fou de The Huns

L’objectif est clair : se qualifier pour le Major d’IEM Cologne 2026. Pour y parvenir, The Huns a tracé une feuille de route ambitieuse, mais réaliste :

  1. Zhi-Tech Elite Masters (février 2026) : un LAN chinois avec 300 000 CNY (~31 756 £) en jeu. Les 8 meilleures équipes accèdent à la phase finale, et une victoire offrirait une qualification directe pour les closed qualifiers de l’Asian Champions League (avril 2026).
  2. Asian Champions League : le graal. Ce tournoi attribue des points VRS (Virtual Ranking System), essentiels pour décrocher une place au Major. The Huns est actuellement 68ᵉ au classement VRS – il leur faut grimper d’au moins 20 places pour espérer une invitation.
  3. Les RMR asiatiques (mai-juin 2026) : dernière chance pour ceux qui n’auraient pas assez de points. Un parcours sans faute serait nécessaire.

Un défi colossal, quand on sait que les équipes chinoises comme TYLOO (actuellement 12ᵉ au classement HLTV) ou Lynx trustent les premières places. Sans oublier les Coréens de Dplus KIA, réputés pour leur discipline tactique. Alors, comment The Huns compte-t-il rivaliser ?

La réponse tient en trois mots : expérience, cohésion, surprise. Avec controlez, l’équipe aligne désormais quatre joueurs ayant plus de 5 ans d’expérience en LAN. Une rareté en Asie, où les rosters changent souvent. De plus, leur style agressif et imprévisible (inspiré des anciennes équipes mongoles des années 2010) pourrait déstabiliser des adversaires habitués à des schémas plus rigides.

Bat-Erdene "s1mpleMGL" Gantulga, ancien joueur de The MongolZ et maintenant streamer, explique : Les Mongols ont toujours eu un jeu très physique, avec des prises de position audacieuses. Avec controlez en sniper, ils peuvent maintenant combiner cette agressivité avec une précision chirurgicale. Si ils arrivent à stabiliser leur économie en match, ils peuvent faire mal.


Derrière les stats : l’homme qui veut inspirer une nation

Au-delà des chiffres, c’est l’histoire de controlez qui fascine. Né à Oulan-Bator, il a commencé le CS sur des cybercafés glacials (les températures descendent à -30°C l’hiver), avec des ping à 200 ms et des PC vieillissants. Quand j’ai commencé, on jouait à 5 sur un seul écran en 1024x768, se souvient-il. Aujourd’hui, je signe dans une équipe qui vise le Major. C’est surréaliste.

Son parcours reflète celui de toute une génération de joueurs mongols, qui ont dû s’entrainer dans des conditions extrêmes pour percer. En 2019, il a même failli arrêter après une blessure au poignet (syndrome du canal carpien), avant de revenir plus fort en 2021. Une résilience qui force le respect.

Son arrivée chez The Huns n’est pas qu’un transfert sportif – c’est un symbole. Comme l’explique Naranbaatar "Nara" Batbayar, journaliste pour Mongolian Esports News : controlez, c’est l’exemple parfait de ce que peut accomplir un Mongol avec du talent, de la détermination et un peu de chance. Son succès pourrait inspirer des centaines de jeunes à se lancer dans l’esport.

Et les attentes sont immenses. Sur les réseaux, les fans mongols ont déjà surnommé 2026 "L’Année du Loup" (en référence au loup, symbole national), avec des memes représentant controlez en "chasseur solitaire" traquant les équipes chinoises. Une pression supplémentaire, mais que le joueur assume : Je ne joue pas pour les stats ou l’argent. Je joue pour monter sur une scène de Major et entendre les cris des fans mongols. Ça n’est jamais arrivé. Ce serait historique.


Les 3 défis qui pourraient tout faire basculer

Malgré l’optimisme, trois obstacles majeurs se dressent devant The Huns :

  1. La barrière linguistique : en Asie, la plupart des équipes communiquent en mandarin ou en coréen. The Huns, eux, jouent en mongol. Un handicap pour les stratégies en temps réel.
  2. Le manque de structure : contrairement à TYLOO (soutenu par des sponsors majeurs), The Huns fonctionne avec un budget limité. Pas de psychologue, pas d’analyste dédié – juste une poignée de passionnés.
  3. La pression médiatique : en Mongolie, controlez est déjà une star. Une contre-performance et c’est toute la scène locale qui pourrait en pâtir.

Pourtant, l’équipe a un atout imprévu : l’effet surprise. Peu d’équipes européennes connaissent leur style. Johan "f0rest" Sundstein, légende suédoise, a d’ailleurs déclaré après les avoir affrontés en 2023 : Les Mongols jouent comme si ils n’avaient rien à perdre. C’est dangereux.

Les prochains mois diront si The Huns a fait le bon choix. Une chose est sûre : avec controlez, l’équipe a désormais un leader capable de transcender le collectif. Entre les Zhi-Tech Elite Masters en février et les RMR asiatiques au printemps, chaque match sera un test. Mais au-delà des résultats, c’est peut-être toute la scène mongole qui est en train de vivre un tournant.

Si The Huns parvient à se qualifier pour Cologne, ce ne sera pas juste une performance sportive – ce sera la preuve qu’une petite nation, avec des moyens limités mais une détermination sans faille, peut bousculer les géants de l’esport. Et ça, même TYLOO ne pourra pas l’acheter.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Controlez, le sniper qui a grandi avec des ping de -30°C et des écrans en 1024x768, débarque chez The Huns comme un OSS117 en mission secrète : on lui a dit 'tue les Chinois', il répond 'okay, mais avec un thé au lait'. Leur plan ? Combiner l’agressivité d’un loup solitaire et la précision d’un tir de sniper en Call of Duty sur console. Sauf que là, le sniper, c’est lui, et la console, c’est un PC qui a survécu à l’hiver mongol. Fatalement, ça va mal finir… ou pas. Parce que quand un joueur a déjà prouvé qu’il pouvait tenir tête à FaZe Clan en LAN, on lui fait confiance. Même si son équipe, c’est comme un Final Fantasy : onirique en théorie, mais en pratique, ils ont juste un budget et trois mots d’anglais. Zeubi, mais bon."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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