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« The Roses » : Quand Benedict Cumberbatch et Olivia Colman transforment un mariage en champ de bataille
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Il y a 87 jours

« The Roses » : Quand Benedict Cumberbatch et Olivia Colman transforment un mariage en champ de bataille

Benedict Cumberbatch et Olivia Colman s'affrontent dans une comédie noire aussi hilarante que destructrice, adaptée du roman culte de Warren Adler. The Roses, disponible sur Disney+, revisite avec mordant les travers d'un couple en pleine implosion, entre ambition démesurée et rivalité toxique.

A retenir :

  • Une adaptation moderne et audacieuse de The War of the Roses, portée par un duo d'acteurs exceptionnels.
  • Benedict Cumberbatch et Olivia Colman explorent les limites de la compétition conjugale dans une satire sociale cinglante.
  • Disponible exclusivement sur Disney+ depuis le 3 décembre, aux côtés de pépites comme la trilogie Retour vers le futur.
  • Un mélange de comédie et de drame qui divise la critique, mais séduit par son énergie chaotique.
  • Jay Roach signe une réalisation dynamique, entre humour noir et tension psychologique.

Un couple en guerre : quand l'ambition ronge l'amour

Imaginez un mariage parfait en apparence, où chaque détail respire l'harmonie et le succès. C'est précisément ce que Theo Rose (Benedict Cumberbatch) et son épouse Ivy (Olivia Colman) incarnent aux yeux du monde. Pourtant, derrière cette façade lisse se cache une réalité bien plus sombre : une compétition féroce, alimentée par des ambitions divergentes et un ressentiment mutuel qui ne demande qu'à exploser. The Roses, adaptation du roman The War of the Roses de Warren Adler (1981), transpose cette lutte sans merci dans un cadre contemporain, où les réseaux sociaux et les apparences jouent un rôle central.

Le film, réalisé par Jay Roach (Bombshell, Trumbo), s'inspire librement de l'adaptation cinématographique de 1989, The War of the Roses, avec Michael Douglas et Kathleen Turner. Si le scénario original mettait en scène un divorce violent et physique, la version 2024 opte pour une approche plus psychologique, où les coups bas se jouent autant dans les mots que dans les actes. Theo, avocat en pleine déchéance professionnelle, voit sa femme Ivy gravir les échelons avec une détermination implacable. Ce déséquilibre déclenche une spirale de vengeance où chaque geste, chaque parole, devient une arme.

Le choix de Cumberbatch et Colman n'est pas anodin. L'acteur britannique, connu pour ses rôles de personnages intelligents mais socialement maladroits (Sherlock, Doctor Strange), apporte une touche de vulnérabilité à Theo, tandis qu'Olivia Colman, oscarisée pour The Favourite, incarne une Ivy aussi charismatique que terrifiante. Leur alchimie à l'écran est électrique, oscillant entre complicité toxique et hostilité ouverte. Comme le résume un critique du Hollywood Reporter : « C'est comme regarder un accident de train au ralenti – on sait que ça va mal finir, mais on ne peut pas détourner les yeux. »

Jay Roach aux commandes : entre satire sociale et chaos contrôlé

Jay Roach, réalisateur habitué aux comédies politiques (Game Change, Recount), signe avec The Roses une œuvre plus personnelle, où l'humour noir sert de miroir aux travers de la société contemporaine. Le film évite les écueils du mélodrame grâce à un rythme soutenu et des dialogues ciselés, où chaque réplique peut basculer du sarcasme à la cruauté en une fraction de seconde. Roach joue avec les codes de la comédie romantique pour mieux les subvertir : ici, pas de happy end en vue, seulement une descente aux enfers où les masques tombent un à un.

La photographie, signée John Schwartzman (The Amazing Spider-Man), renforce cette dualité. Les scènes de vie quotidienne sont baignées de tons chauds et dorés, évoquant l'idéal d'une famille unie, tandis que les moments de tension adoptent des teintes plus froides, presque clinquantes, comme pour souligner l'artificialité des relations. Cette esthétique visuelle rappelle celle de American Beauty (1999), où la beauté apparente cachait une pourriture morale.

Parmi les scènes les plus marquantes, une séquence en particulier a retenu l'attention des spectateurs : un dîner de famille où Theo et Ivy s'affrontent verbalement devant leurs invités, transformant un repas anodin en champ de bataille. Les répliques fusent, les regards se durcissent, et le public assiste, médusé, à l'effritement d'un couple sous le poids de ses propres mensonges. « C'est du Shakespeare moderne », commente un internaute sur les réseaux sociaux. « On rit, mais on a aussi envie de pleurer. »

Une distribution cinq étoiles pour un film quatre étoiles ?

Si The Roses brille par son duo principal, le reste de la distribution n'est pas en reste. Andy Samberg (Brooklyn Nine-Nine) incarne le meilleur ami du couple, un rôle qui lui permet de montrer une facette plus dramatique de son talent. Allison Janney (The West Wing), en voisine médisante, et Kate McKinnon (Saturday Night Live), en collègue ambitieuse d'Ivy, apportent une touche de comédie absurde qui contraste avec la noirceur du récit.

Pourtant, malgré ces atouts, le film peine à convaincre pleinement la critique. Sur Rotten Tomatoes, il affiche un score de 62 %, avec des avis partagés. Certains louent son audace et son interprétation, tandis que d'autres lui reprochent de manquer de subtilité dans sa satire. « The Roses a tout pour plaire : un scénario intelligent, des acteurs exceptionnels, une réalisation soignée… et pourtant, il lui manque cette étincelle qui en ferait un classique », écrit The Guardian dans sa critique.

Une des principales critiques concerne la fidélité à l'œuvre originale. Si le roman de Warren Adler et le film de 1989 misaient sur une violence physique explicite, la version 2024 privilégie une approche plus psychologique, ce qui peut décevoir les fans de la première heure. « On perd en intensité ce qu'on gagne en nuance », estime un journaliste de Variety. « Le résultat est intéressant, mais moins percutant. »

Disney+ mise sur les comédies noires pour séduire un public adulte

La sortie de The Roses sur Disney+ s'inscrit dans une stratégie plus large de la plateforme, qui cherche à diversifier son catalogue au-delà des productions familiales et des franchises Marvel. Avec des ajouts récents comme la trilogie Retour vers le futur ou la série Percy Jackson et les Dieux de l'Olympe, Disney+ tente de conquérir un public plus mature, avide de contenus originaux et audacieux.

Cette démarche n'est pas sans risques. Les comédies noires, par leur ton souvent cynique et leur absence de happy end, peuvent dérouter une partie des abonnés habitués aux récits plus consensuels. Pourtant, c'est précisément ce qui fait le charme de The Roses : une œuvre qui ose prendre des risques, quitte à diviser. « Disney+ a besoin de ce genre de projets pour se démarquer de Netflix ou Amazon Prime », analyse un expert en streaming. « The Roses n'est pas parfait, mais il prouve que la plateforme est prête à sortir des sentiers battus. »

Le film s'inscrit également dans une tendance plus large du cinéma contemporain, où les relations amoureuses sont de plus en plus dépeintes sous un angle réaliste, voire brutal. Des œuvres comme Marriage Story (2019) ou Scenes from a Marriage (2021) ont ouvert la voie à des récits où l'amour et la haine coexistent, où les couples ne sont plus des entités idéalisées mais des champs de bataille émotionnels. The Roses s'inscrit dans cette lignée, avec une touche d'humour noir qui le distingue de ses prédécesseurs.

Entre héritage littéraire et modernité : The Roses a-t-il sa place dans le panthéon des comédies noires ?

Pour comprendre l'importance de The Roses, il faut remonter à ses origines. Le roman de Warren Adler, publié en 1981, s'inspirait lui-même d'un fait divers réel : le divorce tumultueux d'un couple new-yorkais, où la haine avait pris le pas sur l'amour. Adler avait transformé cette histoire en une satire féroce de la société américaine, où le matérialisme et l'ambition personnelle détruisent les liens les plus sacrés. Le film de 1989, avec Michael Douglas et Kathleen Turner, avait popularisé cette vision, devenant un classique du genre.

La version 2024 de Jay Roach s'inscrit dans cette tradition, tout en l'adaptant aux enjeux contemporains. Là où le roman et le premier film mettaient l'accent sur la violence physique, la nouvelle mouture explore les ravages de la compétition sociale et des réseaux sociaux. Theo et Ivy ne se battent plus seulement pour leur maison ou leurs biens, mais pour leur image, leur réputation, leur place dans un monde où la réussite se mesure en likes et en followers. « C'est une évolution logique », explique un sociologue spécialiste des médias. « Aujourd'hui, les conflits conjugaux ne se règlent plus à coups de poing, mais à coups de tweets et de stories Instagram. »

Pourtant, malgré ses qualités, The Roses peine à égaler l'impact de ses prédécesseurs. Le film de 1989, avec son mélange de comédie et de tragédie, avait marqué les esprits par son audace et son absence de compromis. La version 2024, bien que plus nuancée, manque parfois de cette folie qui faisait tout le sel de l'original. « C'est un bon film, mais pas un film culte », résume un critique. « Il lui manque cette étincelle de génie qui transformerait une simple comédie noire en une œuvre intemporelle. »

Reste que The Roses a le mérite de poser des questions essentielles sur la nature des relations amoureuses à l'ère numérique. Dans un monde où les apparences priment sur tout, où les couples se forment et se défont sous le regard des réseaux sociaux, Theo et Ivy incarnent les excès d'une société obsédée par la performance. Leur histoire, aussi exagérée soit-elle, résonne avec une vérité troublante : et si l'amour n'était plus qu'une autre forme de compétition ?

The Roses est une comédie noire qui divise, mais qui ne laisse pas indifférent. Porté par des performances remarquables de Benedict Cumberbatch et Olivia Colman, le film explore avec brio les travers d'un couple en pleine implosion, entre ambition démesurée et rivalité toxique. Si la critique reste partagée sur sa réussite globale, il s'agit sans conteste d'une œuvre audacieuse, qui ose prendre des risques dans un paysage cinématographique de plus en plus formaté.

Disponible depuis le 3 décembre sur Disney+, The Roses s'inscrit dans une stratégie plus large de la plateforme, qui cherche à séduire un public adulte avec des contenus originaux et matures. Que l'on adhère ou non à son ton cynique, le film a le mérite de poser des questions essentielles sur les relations amoureuses à l'ère numérique, où l'amour et la haine se mêlent dans une danse aussi destructrice que fascinante.

En définitive, The Roses n'est peut-être pas le chef-d'œuvre que certains espéraient, mais il reste une œuvre nécessaire, qui rappelle que le cinéma peut – et doit – explorer les zones d'ombre de l'âme humaine, même au risque de déplaire.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"C'est comme si Jay Roach avait pris Game Change et l'avait balancé dans un mixeur à satire sociale. Le résultat ? Un film qui fait mal aux dents, mais qui a du mordant. Theo et Ivy, c'est le couple qui a décidé de jouer à Final Fantasy avec leurs vies, sauf que là, c'est pas des monstres qu'ils affrontent, mais des réseaux sociaux. C'est dark, c'est cynique, et c'est foutrement bon."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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